Escapades (2) : Faire un bout du chemin… de Compostelle, à 80 Km/h

La carte officielle, issue du programme du 20e anniversaire.

En 2018, les Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France fêtent le 20e anniversaire de leur inscription au patrimoine mondial par l’Unesco (1998)… Et puisque l’automobiliste se doit désormais de respecter les 80 km/h sur les routes de France, pourquoi ne pas en profiter pour découvrir le(s) formidable(s) terroir(s) de l’Occitanie !?

P Voir le bon côté des choses : à 80km/h, on peut mieux regarder le paysage !!!

C’est le 2 décembre 1998 que le comité du patrimoine mondial de l’UNESCO réuni à Kyoto a inscrit sur la Liste du patrimoine mondial le bien culturel en série intitulé « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France ». Ce bien français est constitué d’une sélection de 78 composantes (64 édifices, 7 ensembles et 7 sections de sentiers), ce qui en fait le plus grand ensemble patrimonial de France qui fête ses 20 ans à l’Unesco (ICI). Passant par plusieurs départements de la région Occitanie, les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle -par ailleurs très fréquentés par les pèlerins et randonneurs- offrent de nombreuses étapes touristiques…

Plus de 300 000 pèlerins en 2017

Tout ou partie des Chemins peut se faire à pieds… Photo D.-R.

Cette fois pas question de faire le trajet d’une seule traite, mais en prenant son temps et en respectant cette fameuse (sic !) limitation de vitesse de 80 km/h sur les routes, voici l’occasion de partir à la découverte de nombreux sites remarquables de la région… Après tout, les pèlerins le faisaient à pieds, eux ! Et ils le font encore, la barre des 300 000 pèlerins en une année ayant été franchie en 2017 selon le site Les chemins vers Compostelle..

Parmi les quatre voies reconnues, deux traversent l’Occitanie Pyrénées-Méditerranée. La première, la Via Podiensis, part du Puy-en-Velay. Elle passe notamment par Saint-Chély-d’Aubrac, Espalion, Conques, Figeac, Rocamadour, Moissac (soit 198 km dans la région)… C’est la voie choisie par le scénariste Pierre-Roland Saint-Dizier pour le premier tome de sa quadrilogie en bande dessinée Campus Stellae (dessins de Andrea Mutti, éd. Glénat et éd. du Patrimoine).

« 4 voies, 4 destins, un seul chemin »

La série compte donc quatre tomes, indépendants, mettant en scène des intrigues policières et religieuses, menées dans les villes et les haltes emblématiques des quatre principaux itinéraires du pèlerinage. Dans le tome 1, qui nous occupe ici (titre : Le premier chemin), un jeune berger de l’Aubrac est envoyé à la recherche d’un fabuleux trésor que l’on prétend maudit…

Bien que né à Mulhouse, Pierre-Roland Saint-Dizier est un fin connaisseur de l’Occitanie. Il est aujourd’hui rédacteur en chef du magazine Albimag, à Albi (Tarn). Outre ses pérégrinations imaginaires sur les Chemins de Compostelle, il a également écrit des albums sur l’histoire de Toulouse, Albi, Carcassonne, Gaillac. Sans oublier les deux tomes d’une biographie de Saint-Exupéry (dessins de Cédric Fernandez, Glénat) : « Le seigneur des sables » et « Le royaume des étoiles ». Un récit qui, naturellement, offre de belles pages à Toulouse, aux usines Latécoère et à l’Aéropostale…

L’autre voie qui traverse l’Occitanie (sur 320 km) pour rejoindre Saint-Jacques offre son prétexte au tome 3 de la série Campus Stellae  (Le Pont  des trois diables) : la Via Tolosana va de Arles aux Pyrénées, en passant par Saint-Gilles, Maguelone, Saint-Guilhem -le-Désert, Carcassonne, Toulouse, Saint-Bertrand-de-Comminges… Cette fois, alors que le Grand Pardon est célébré à l’abbaye de Montmajour, un double meurtre est commis à Arles. Pour échapper à la fureur du seigneur Théophile qui les accuse, Catherine et sas ervante, Adeline, quittent précipitamment la cité… La suite en lisant l’album, bien sur (*).

Toulouse, Cahors, Saint-Lizier… des expos

En cette année de 20e anniversaire du classement par l’Unesco, de nombreux événements sont organisés un peu partout (trouver la liste officielle en cliquant ICI). Et fait la part belle à la région. Mais il est vrai que l’Occitanie compte 24 monuments simples (sur 64), cinq des sept « ensembles de monuments » et six des 7 « sections de sentiers » qui composent le « bien culturel en série » des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France.

Parmi ces rendez-vous, on peut citer l’exposition « Dans les pas des pèlerins de Saint-Jacques en Occitanie », à Toulouse (Atelier Grand Saint-Sernin, 2 place Saint-Sernin), mais aussi dans la Ville Rose : l’expérience originale proposée par le Couvent des Jacobins à jouer le rôle d’un pèlerin du moyen-âge : « Une invitation à la découverte de la tradition des pèlerinages à l’époque médiévale, sous la forme d’une véritable expérience immersive avec décors, manipulations, costumes, objets, rôles… » (Du mardi au dimanche de 10 à 18h – T. 05 61 22 23 82 -entrée par l’église- www.jacobins.toulouse.fr – Entrée payante).

L’Agence de coopération interégionale et réseau Compostelle soutient l’événement… Photo D.-R.

A découvrir encore, l’expo consacrée dans le Palais des évêques de Saint-Lizier (Ariège) à « l’histoire des chemins, leur signification, hier comme aujourd’hui, et la place de la cité de Saint-Lizier située sur l’itinéraire des Piémonts. Elle présente des œuvres patrimoniales provenant de collections régionales exceptionnellement réunies pour l’occasion. » Parallèlement, le photographe toulousain Jean-Jacques Gelbart expose ses oeuvres originales et inédites sur le patrimoine jacquaire conservé en Occitanie.

25 juillet, la Saint-Jacques !

Toujours à Saint-Lizier, à l’occasion de la fête de Saint-Jacques, ce mercredi 25 juillet, l’association Le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en Ariège-Pyrénées organise une marche entre deux lieux inscrits au patrimoine mondial Audressein et Saint-Lizier. Cette marche de 15km permettra la découverte du patrimoine sur le chemin et sera ponctuée d’animations (en savoir plus en cliquant ICI).

On retrouve Jean-Jacques Gelbart à Cahors (Lot), où une exposition photographique présente son regard sur chacune des 78 composante du bien Unesco Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France. Une réalisation de l’ACIR Compostelle (plus d’infos en cliquant ICI) qui traverse le centre urbain de Cahors, en reliant le pont Valentré à la cathédrale Saint-Etienne. L’exposition traverse le centre urbain de Cahors, elle relie le pont Valentré à la cathédrale Saint-Etienne.

En roulant prudemment, voilà quelques jolis itinéraires à prévoir entre Aveyron, Lot, Haute-Garonne, Gard, Hérault, etc.

Philippe MOURET

(*) L’abbaye de Sorde (Landes, en Nouvelle-Aquitaine) propose dans le cadre du 20e anniversiare, une exposition consacrée à la BD « Campus Stellae ».
Tout au long du Moyen Âge, Saint-Jacques-de-Compostelle fut la plus importante de toutes les destinations pour d’innombrables pèlerins venant de toute l’Europe. Pour atteindre l’Espagne, les pèlerins devaient traverser la France, et les monuments historiques notables qui constituent l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial étaient des jalons sur les quatre routes qu’ils empruntaient. Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle sur le tombeau supposé de Saint Jacques constitue avec Jérusalem et Rome, l’un des plus importants pèlerinages de la Chrétienté au Moyen-âge.