Le fracas des bombes a parfois des échos inattendus. Ainsi, à l’approche de la haute saison estivale, l’agence AD’OCC publie les résultats d’une enquête flash menée du 24 au 29 avril derniers (*), à laquelle plus de 2000 professionnels du tourisme régional ont répondu et dont l’objectif était de mesurer l’impact des tensions internationales sur l’activité touristique. Le constat est sans appel : les tensions internationales actuelles freinent la dynamique du secteur et installent un climat d’incertitude pour l’été.
Selon les résultats de l’enquête, 59 % des professionnels du tourisme déclarent constater un impact des tensions internationales sur leur activité, dont 98 % jugé négatif. Tous les secteurs sont concernés, avec des niveaux d’impact particulièrement élevés dans la restauration (75 %), les commerces et services (66 %).
Une clientèle qui “arbitre ses dépenses”
“Contrairement à une crise brutale qui se traduirait par une vague d’annulations, les professionnels décrivent avant tout un ralentissement du rythme des réservations” souligne l’agence AD’OCC. Cependant 31% des professionnels estiment qu’il est encore trop tôt pour le dire, manquant pour la plupart de visibilité sur les semaines à venir.
Les principaux constats relevés sur le terrain font état d’une baisse des demandes et des réservations, d’un printemps (mai-juin) plus calme que prévu, d’une fréquentation en recul, d’une baisse du rythme des réservations et d’un manque de visibilité sur la saison estivale. Dans ce contexte, les comportements évoluent : les clientèles réservent plus tard, hésitent davantage et arbitrent leurs dépenses.
Un “climat d’attentisme généralisé”
Pour les mois à venir, les professionnels affichent une prudence marquée : 66 % jugent les réservations “peu ou pas encourageantes”, tant pour les ponts du mois de mai que pour la période juillet-août. L’impact des tensions internationales se fait sentir sur l’ensemble des univers touristiques. Le littoral, la montagne, le milieu urbain ou la campagne sont touchés de manière comparable (entre 58 % et 61 %).
Les résultats de cette enquête ne traduisent pas un décrochage massif de l’activité touristique mais plutôt un climat d’attentisme généralisé. Le principal signal observé repose sur un ralentissement des prises de décision, une montée des réservations de dernière minute et surtout un manque de visibilité pour les professionnels. “Dans ce contexte, les prochaines semaines seront déterminantes pour confirmer ou non les tendances observées et mesurer leur impact sur la saison estivale” conclut l’agence AD’OCC.
Ph.-M.
(*) Auprès d’un panel de 20.133 professionnels du tourisme en Occitanie – 2 240 répondants soit un taux de réponse de 11%.
Annulations liées au prix du carburant :

Les voyageurs restent indemnisables selon Bruxelles
Dans une interview accordée au Financial Times, le commissaire européen aux transports Apostolos Tzitzikostas déclare que les annulations motivées par le prix du carburant ne constituent pas des “circonstances extraordinaires.” Une déclaration qui renforce la protection des voyageurs face aux annulations en cascade de vols.
Avec le début du conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz, les prix du kérosène se sont envolés. Plusieurs compagnies aériennes ont été contraintes de supprimer des vols, avec parfois la hausse du prix du carburant invoqué comme “circonstance extraordinaire” justifiant l’annulation. Un argument qui, au titre du règlement européen n°261/2004, exonère les compagnies aériennes de l’obligation d’indemniser les passagers.
Mais le commissaire européen Apostolos Tzitzikostas rappelle une distinction fondamentale que les compagnies semblaient ignorer volontairement :
Si une pénurie physique de kérosène est une “circonstance extraordinaire” (les compagnies aériennes ne peuvent plus s’approvisionner en carburant, ce qui empêche concrètement le déroulement d’un vol et exonère les compagnies aériennes d’indemniser les passagers) une hausse du prix du carburant n’est pas une “circonstance extraordinaire” : les compagnies aériennes peuvent s’approvisionner en carburant, il n’y a pas d’impossibilité d’exploiter un vol car la variation du prix du carburant est un risque économique inhérent à l’activité aérienne.
Flightright, plateforme leader dans la défense des droits des passagers aériens, rappelle qu’en cas d’annulation moins de 14 jours avant le départ, et en l’absence de “circonstances extraordinaires”, les passagers ont droit à une indemnisation de 250 à 600 euros selon la distance du vol. Et dans le cas d’une pénurie de carburant, ou d’une autre “circonstance extraordinaire”, les compagnies aériennes doivent assister les passagers et leur proposer un réacheminement ou un remboursement du billet.
Les compagnies aériennes européennes utilisent majoritairement la stratégie de couverture (hedging) pour fixer à l’avance le prix du carburant. Elles sécurisent leurs achats de kérosène sur plusieurs mois afin d’intégrer les fluctuations des prix dans leur gestion. Cette stratégie devrait normalement permettre aux compagnies de ne pas faire peser le poids des variations de prix sur les passagers.
“Supprimer des vols pour préserver sa marge opérationnelle ne justifie pas de priver les passagers de leurs droits. La volatilité du prix du carburant est un risque économique que les compagnies aériennes ne doivent pas faire peser sur les passagers” déclare Imane El Bouanani, responsable juridique France de Flightright.
Selon le droit, les passagers peuvent demander une indemnité lorsque leur vol est annulé en raison de la hausse du prix du carburant. En pratique toutefois, car les compagnies aériennes pourraient se montrer réticentes à indemniser les voyageurs. Si elles maintiennent leur refus, une décision judiciaire sera nécessaire pour trancher la question.
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Flightright est la plateforme leader dans la défense des droits des passagers aériens. L’entreprise s’engage à faire valoir les droits des voyageurs en cas de retard, d’annulation ou de refus d’embarquement. Son action repose sur le règlement (CE) n° 261/2004 de l’Union européenne relatif aux droits des passagers aériens. À ce jour, Flightright a obtenu plus de 700 millions d’euros d’indemnisation pour les voyageurs. Plus de 17 millions de consommateurs ont déjà utilisé ses services numériques.