Deux Sétois confinés à Abou Dhabi : “Des missiles au-dessus de nos têtes ! Surréaliste !”

Francis Girma et son épouse à l’hôtel Rotana Park à Abu Dhabi. Ph. DR

Confinés dans une chambre d’hôtel depuis samedi, Francis Girma et son épouse racontent un quotidien stressant à cause de la guerre menée par les États-Unis et Israël en Iran qui a lancé des représailles sur des bases occidentales aux Emirats arabes unis. Sans savoir quand ils pourront rentrer chez eux à Sète.

Ancien international de water-polo, et ex-directeur des sports de la Ville de Sète, Francis Girma, 72 ans, partage la situation de milliers de ressortissants français coincés dans les Emirats arabes unis, visés par les missiles et les bombardements de l’Iran depuis samedi en réaction au déclenchement du confit par les Etats-Unis et Israël. Des missiles iraniens ont été interceptés samedi après avoir visé une base américaine, Al Dhafra, partagée aussi par des forces aériennes françaises. Les Français comme les vacanciers d’autres pays vivent des journées rythmées par les alertes et les bombardements.

“On n’est pas prêts à vivre ça. Moralement, c’est difficile”

Missile, bombes, drones… Le Sétois dit d’une voix passablement stressée : “On revenait de vacances en Taïlande. On devait avoir un transfert pour Barcelone, samedi. Vers midi, au moment où nous atterrissions à Abu Dhabi, les bombardements ont commencé ; les vols ont donc tous été annulés et en fin d’après-midi, alors que les bombardements s’intensifiaient, l’aéroport a été évacué. Ils ont bien fait : un heure plus tard, on a reçu un message pour nous dire qu’un missile s’est écrasé sur une base militaire française qui a fait un mort…” Il ajoute : “On n’est pas prêts à vivre ça. Moralement, c’est difficile. À la TV, on peut se rendre compte mais sur place, c’est autre chose. Dans le ciel, il n’y a rien d’autres que des avions de chasse. Ils font un bruit assourdissant ; en tout cas, ce ne sont pas des avions de ligne.”

Ce matin, pendant que l’on déjeunait, il y a eu une bombe qui a été intercepté au-dessus de notre tête !”

Francis Girma

Depuis samedi donc, Francis et Malaurie Girma sont confinés dans un hôtel. L’opération, qui a concerné des milliers de vacanciers pris au piège, a pris douze heures… “C’était la folie dans l’aéroport.” Et ça l’est toujours : “On entend des bombes et des missiles, sans arrêt, dit-il. Ce matin, pendant que l’on déjeunait, il y a eu une bombe qui a explosé au-dessus de notre tête ! Soi-disant que c’est le système anti-missile qui l’a intercepté et détruite.”

Ce grand sourire est trompeur : il date de samedi avant que le couple Girma n’apprenne que leur vol était annulé… DR

Quelle est l’ambiance à Abu Dabi ? Francis Girma explique : “Déjà, il y a le ramadan en ce moment ; du coup, les habitants ne sortent pas un mais on sentait qu’il y un gros malaise : les rues sont particulièrement désertes. Il y a vraiment personne. Pendant la demi-heure de bus que nous avons fait pour rallier notre hôtel, nous n’avons croisé personne.” Pas âme qui vive. “C’est une ambiance angoissante. On essaie de rester calme et serein, mais c’est angoissant. Dans la chambre, le soir, on entend des bombes ; c’est un grand hôtel ; on nous dit de ne pas se placer à côté des vitres…” La compagnie, Ethiad, est particulièrement attentive à la situation. “Elle s’occupe de tout.”

“L’hôtel, c’est l’endroit où nous sommes le plus en sécurité”

La trace d’un drone ou d’un missile intercepté ce matin. DR

Dans quel état d’esprit sont-ils ? “On aimerait que ça s’arrête. Autant nous restons sereins autant on a des bombes qui sifflent autour de nous ! C’est impressionnant. Les passagers de leur avion ont été dispatchés dans des hôtels différents. On s’est créé un groupe Whatsapp mais on n’a pas les mêmes informations ! À Certains on leur a dit de se rendre à l’aéroport pour y trouver peut-être un vol mais en réalité ils viennent de retourner dans un hôtel. Nous on reste confinés. Les aéroports sont fermés partout dans les Emirats arabes unis. Et, depuis samedi, on n’est pas sortis. Et ce serait faire une grosse bêtise de le faire : on ne va pas chercher à prendre un risque. Nous sommes loin de la ville. Comme l’Iran cherche surtout à bombarder les structures militaires et les aéroports, en restant à l’hôtel, je pense que c’est l’endroit où nous sommes le plus en sécurité.”

Francis Girma confie encore n’avoir reçu “aucune information” du ministère des Affaires étrangères. Les Emirats s’unissent contre l’Iran qui “ne devraient pas être ennemis. Trump a dit qu’il y en avait au moins pour quatre semaines…” Le couple Girma espère rentrer à Sète avant…!

Olivier SCHLAMA