Coliving : Le nouveau concept du logement étudiant

L'Agora, lieu de rendez-vous pour les résidents de l'Ecla-Campus de Palaiseau... Une nouvelle forme de vie qui mêle intimité et partage... Photo D.-R.

Ecla-Campus, qui va être inauguré en grandes pompes à Palaiseau en région parisienne, c’est 1 300 résidents, de 87 nationalités différentes et 3 000 m2 d’espaces communs… L’illustration parfaite d’un concept immobilier qui émerge et ouvre de nombreuses perspectives : le coliving. Après l’explosion du coworking, c’est une forme d’habitat partagé qui séduit de plus en plus d’étudiants et de jeunes actifs. Une forme de co-loc 2.0 !

« Ce mode de vie communautaire favorise les échanges entre résidents, notamment grâce à de larges espaces communs conviviaux et à une offre de services exceptionnelle (restauration, coworking, sport, cuisine collaborative, e-game, event). Les modalités de location très flexibles répondent à l’évolution des modes de vie », souligne-t-on chez Ecla-Campus…

Trouver l’équilibre entre vie intime et lien social

Bien venue à Ecla-Campus. Ici l’accueil du site qui réunit plus de mille résidents. Photo D.-R.

Venu des Etats-Unis, le coliving commence à se développer en Europe. Et cette semaine, c’est une entreprise basée en Occitanie (Grand M Group, Montpellier) qui lance une perle du genre en région parisienne : Ecla-Campus Paris Massy-Palaiseau. Un millier de logements et 3 000 m2 d’espaces partagés ! Dans un véritable lieu de vie qui propose des logements meublés, équipés et fonctionnels au design soigné tout en profitant de services déjà inclus dans le prix du loyer : wifi haut débit, salles de sport, espaces de coworking, cuisine collaborative, salle de e-sport, cinébox, espace de reprographie, programmation événementielle…

Une série de prestations haut de gamme

Une salle pour la pratique du e-sport… Photo D.-R.

Une formule « all inclusive » qui libère les résidents de nombreuses contraintes. Ce qui, naturellement, a un prix. Comparable il est vrai à celui du marché de la location, sans les services du coliving (qui comprennent notamment l’accès internet et les charges). Pour un étudiant, Ecla-Campus propose un studio de 18-20 m2 pour 779 €/mois et 25-30 m2 pour 837 €/mois, quand le site Loc-Service.fr situe le loyer moyen pour un étudiant à Paris à 873 €/mois (entre 620 € et 744 €/mois ailleurs en Ile-de-France).

« Ici, chaque logement étudiant est meublé et a pour vocation d’allier modernité et fonctionnalité. Nos appartements sont entièrement équipés pour que l’étudiant n’ait à se soucier de rien d’autre que ses études, à proximité des écoles du Plateau de Saclay et des transports en commun pour rejoindre Paris » (en 30 minutes, NDLR), souligne Yoann Buidin, Campus Manager.

Le concept séduit les « millenials« 

La convivialité, le lien social renoué, c’est le principe du coliving… Photo D.-R.

S’il peut séduire les étudiants, le système du coliving est aussi (surtout ?) apprécié par les jeunes actifs travaillant en free-lance et par les start-upers. Ce nest pas une surprise si le concept est né du côté de la Californie et s’il séduit les « millenials« , qui sont moins attachés à la propriété, sont en recherche de lien social et doivent faire face à la difficulté à se loger.

Pour certaines entreprises, c’est aussi parfois l’occasion de faciliter l’accès au logement pour leurs jeunes recrues. Autant d’atouts qui très rapidement, font passer le concept du coliving de l’effet de mode à une tendance durable, avec des acteurs de premier plan. En se positionnant de façon claire dans cette perspective, le groups montpelliérain Grand M Group est donc au coeur même de ce mouvement de fond, avec un temps d’avance.

En Occitanie, des villes telles que Toulouse ou Montpellier où les étudiants et les start-ups sont nombreux, pourraient bientôt voir s’ériger de tels projets…

Philippe MOURET

Logement étudiant, face à la crise…

Rien de nouveau sous le soleil … pour des dizaines de milliers d’étudiants en France, se loger reste une galère : marché saturé, loyers trop chers, garanties demandées exhorbitantes (la famille assure dans 89 % des cas le rôle de garant. D’autres étudiants (2 %) se tournent vers des amis alors que 3 % ne disposent d’aucun garant. 4 % des étudiants s’appuient sur la garantie Visale, soit une augmentation d’environ un tiers par rapport à l’année précédente. Un résultat certainement dû à l’ouverture de Visale à tous les jeunes l’année dernière, et aux efforts d’Action Logement pour promouvoir le dispositif, souligne LocService.fr).

Dans ce parcours du combattant, tous ne partent pas à égalité, soit par leur situation financière, soit par leur situation géographique. Mieux vaut étudier à Brest ou Nîmes pour se loger, qu’à Paris, Nice ou Bordeaux. Le site LocService.fr a analysé plus de 45 000 demandes de logements étudiants afin d' »illustrer le marché de la location étudiante dans le parc locatif privé français en 2019… »

Il en ressort qu’au niveau national, le budget logement des étudiants est de 608 € mais varie fortement selon les secteurs. En province, un étudiant dispose d’un budget de 560 € contre 786 € en région parisienne. Quant aux étudiants qui souhaitent habiter dans la capitale, leur budget moyen mensuel, charges comprises, s’élève à 865 €.

La coloc, solution la plus économique

La moitié sud de l’étude menée par le site LocService.fr

En moyenne, les chambres étudiantes se louent 393 € pour une surface de 14 m2, les studios 500 € pour 23 m2 et les appartements T1 497 € pour 30 m2. En général, la colocation est une solution particulièrement économique : « L’étudiant bénéficie d’un espace commun plus important. Ainsi, un logement partagé par plusieurs colocataires revient en moyenne à 434 € par mois charges comprises. Une chambre en résidence étudiante privée a un niveau de prix à mi-chemin entre un studio et un appartement 2 pièces. Par ailleurs, notons que 47 % des étudiants préfèrent un logement loué meublé », précise l’enquête.

Nice la plus chère, devant Bordeaux

Si l’on compare les loyers pratiqués à travers la France pour un studio (le type de logement le plus recherché par les étudiants) on découvre des disparités géographiques importantes : Si Paris reste la ville la plus chère (873€/mois) suivie par huit autres communes d’Île-de-France, c’es Nice qui ouvre le bal de la province, avec une moyenne de 590€/mois devant Bordeaux (542€) et Lyon (535€).

Montpellier n’est pas très loin (15e, 488€/mois) et Toulouse est 17e (472€). Nîmes est la  ville d’Occitanie la moins chère pour trouver un logement étudiant, avec 394€/mois. Si elle ne figure pas dans le classement de LocService;fr, Perpignan se situe selon nos recherches aux alentours des tarifs nîmois.

Ph.M.