Prévu pour ce 3 juillet, le spectacle du Cirque Franco-Belge dans les Pyrénées-Orientales n’aura pas lieu. Installé (sans autorisation) depuis le 28 juin sur le parking de la zone commerciale Cap Roussillon, le cirque est en effet sous le coup d’un arrêté d’interdiction d’ouverture au public, pris par le maire de la commune de Rivesaltes, Julien Potel. une décision saluée par les associations de protection des animaux…
Dans un communiqué publié sur Facebook en date du 1er Juillet, la mairie précise que “dès le premier jour de l’implantation du cirque et en l’absence des pièces réglementaires nécessaires à l’accueil du public, Monsieur le Maire s’y est fermement opposé (…) Par ailleurs, le CGR, propriétaire du parking sur lequel s’est installé le cirque a déposé plainte et saisi les autorités compétentes, l’installation ayant été effectuée sans son accord…”
D’autre part, précise le communiqué, “Monsieur le Maire condamne avec la plus grande fermeté les conditions dans lesquelles les animaux sont actuellement maintenus, à même le bitume et exposés à de fortes températures. De telles pratiques apparaissent incompatibles averc les exigences fondamentales de respect du bien-être animal.”
“Cette fermeté mérite d’être saluée”
C’est Isabelle Yvos, correspondante du Parti animaliste dans les Pyrénées-Orientales, qui la première a publié plusieurs photos des tigres blancs et de leurs conditions d’existence. Elle avait alors alerté toutes les autorités compétentes.
Aujourd’hui c’est l’associaltion One Voice qui applaudit la décision du maire de Rivesaltes : “Cette fermeté mérite d’être saluée. Trop souvent, les communes laissent s’installer ces cirques détenant des animaux sauvages sans réagir. En faisant respecter la réglementation, Rivesaltes montre qu’une autre voie est possible.”
Plus d’animaux sauvages dans les cirques à partir de 2028
Et de préciser que “Le cirque Franco-Belge appartient à la famille Muller, dont One Voice suit et dénonce les agissements depuis des années. En mai dernier encore, les enquêteurs de l’association documentaient, dans plusieurs cirques de cette famille, des fauves maintenus dans des remorques métalliques surchauffées, sortis uniquement dans de petites cages posées sur le bitume, parfois sans accès visible à l’eau. Le cirque détient par ailleurs deux jeunes lionceaux nés cette année, malgré l’interdiction de reproduction depuis 2023 (…) Malgré des condamnations et des signalements répétés, ces cirques poursuivent leurs tournées de ville en ville, compliquant les contrôles…”
Auprès de nos confrères d’Ici.fr, Jacques Muller; affirmait avoir mis en place “toutes les mesures nécessaires pour lutter contre la chaleur : Les enclos sont toujours placés sous un arbre pour qu’ils soient à l’ombre. Au sol, nous avons placé des copeaux pour éviter qu’ils ne se brûlent sur le goudron. En plus de ça, nous avons installé une piscine pour qu’ils se rafraichissent et des points d’eau sont réapprovisionnés.”
“Les animaux sauvages n’ont pas leur place dans les cirques, encore moins sur un parking brûlant en pleine canicule. En s’opposant à l’ouverture de ce cirque, Rivesaltes a fait le choix du droit et du bon sens. Nous espérons que les préfets autorisant la détention de ces animaux d’espèces menacées entendront l’appel de cette commune. Notre plainte contre ce cirque est toujours en cours, cirque d’où s’étaient échappé des fauves dont certains détenus en totale illégalité” commente Muriel Arnal, Présidente de One Voice.
Rappel : La loi n° 2021-1539 prévoit l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques itinérants à partir de décembre 2028, avec une transition jusqu’en juin 2029. Environ 600 animaux, dont près de 400 fauves, sont encore concernés en France. Le gouvernement accompagne les circassiens : aides financières, reconversion, création de refuges, guichet unique, et cellule d’accompagnement spécialisée.
Philippe MOURET