Chaque année, depuis 2005, les Ovinpiades des Jeunes Bergers mettent à l’honneur une nouvelle génération d’éleveurs de brebis. Organisé par Interbev Ovins et l’ensemble de la filière ovine, dans le cadre du programme Inn’Ovin, ce concours national s’adresse aux élèves de l’enseignement agricole, âgés de 16 à 24 ans. Les 40 finalistes issus de 19 territoires ont découvert leur classement lors de l’inauguration du Salon International de l’Agriculture, à Paris.
“Etre éleveur de brebis aujourd’hui, c’est faire le choix d’un métier de sens, au cœur des territoires. C’est travailler avec le vivant, produire une alimentation qui a du goût et du lien, préserver des paysages, et contribuer à une économie locale essentielle” souligne-t-on chez Inn’ovin.
L’équilibre entre cédants et nouveaux installés
Or, “dans les prochaines années, un nombre important d’éleveurs partira à la retraite. Cette mutation démographique offre une réelle opportunité : permettre à de nouveaux jeunes de s’installer, de construire leur projet de vie et de profession, et de répondre à une demande des consommateurs qui souhaitent davantage de produits français, durables et de qualité” précise la filière qui se réjouit :
” La dynamique est bien là : pour chaque éleveur qui cesse son activité, un jeune s’installe. Une avancée majeure pour la souveraineté alimentaire et la vitalité des campagnes françaises” et de préciser que “malgré les défis sanitaires récents, la filière reste particulièrement attractive et dynamique. Le marché de l’agneau connaît une progression historique : 53% d’augmentation du prix annuel moyen de l’agneau entre 2019 et 2024 !”
Et aujourd’hui les jeunes éleveurs revendiquent un équilibre entre travail et vie personnelle. Ils savent que certaines périodes sont intenses (agnelages, transhumances…) mais ils apprécient aussi les moments plus souples qu’offre une saisonnalité bien gérée. Près d’un jeune sur deux choisit une forme sociétaire
(GAEC…) pour partager les astreintes, sécuriser son organisation, préserver ses loisirs et sa vie de famille.
Selon une enquête FNO auprès des nouveaux installés, les principales motivations sont le lien direct avec la nature (75%), la relation privilégiée avec les animaux (66%), la vie à la campagne (57%) et l’autonomie dans le travail (48%).
Un métier à la fois high-tech et profondément humain

Les Ovinpiades des jeunes bergers sont l’occasion de plonger les jeunes candidats “au plus près du quotidien d’un éleveur de brebis.” Ainsi, “à travers une série d’épreuves pratiques mêlant observation, manipulation et gestion du troupeau, ils découvrent la réalité d’un métier où chaque geste compte…”
Pour cette 21e édition, c’est Romain Rogemont (CFPPA de Charolle, en Bourgogne) qui s’est imposé, devant Manon Devez (CFPPA / CFAA du Lot), la représentante de l’Occitanie devenant également la “Meilleure bergère de France 2026.” A noter que Adrien Roux (LEGTA de Figeac) est 4e et Mathis Benac, du même établissement lottois est à la 14e place.
En parallèle de la finale nationale, des Ovinpiades européennes ont été organisées. Huit jeunes venus de plusieurs pays européens (Belgique, Irlande, Ecosse, Pays de Galles et Angleterre) ont participé aux mêmes épreuves que les candidats français, avec pour objectif de favoriser les échanges autour de la formation et des pratiques professionnelles en élevage ovin. Cette dynamique s’inscrit dans une démarche plus large d’ouverture européenne, incluant stages et voyages d’études au sein des filières ovines européennes. Romain Rogement et Manon Devez ont également raflé les deux premières places de ce classement, devant l’anglais Tom Garrick.
Philippe MOURET
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