Au total, ce sont plus d’une dizaines d’associations basées dans toute la France qui vont recevoir d’Esthima (*) un soutien financier, dont l’association “Les chats de Saint-Céré”. L’association lotoise est dédiée à la protection des chats errants de la commune de Saint-Céré. Engagée au quotidien, elle œuvre pour leur sauvetage, leur stérilisation et leur mise à l’adoption dans des foyers aimants. Et répondre ainsi aux problèmes provoqués par la prolifération des chats errants…
Le sujet n’est pas nouveau. Déjà, la loi de finances pour l’année 2024 prévoyait une enveloppe de trois millions d’euros dédiée à la stérilisation des chats errants et des chats domestiques par les collectivités territoriales. 23 communes d’Occitanie en avaient bénéficié, pour un total de 295.000 €.
Lire : le rapport du Gouvernement au Parlement “visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes, sur la question des chats errants en France.”
Il est vrai que le chat a depuis longtemps colonisé la France. Selon le site psycat.fr, “le chat dépasse désormais largement le chien en termes de population avec une progression constante depuis les années 2000” pour atteindre (en 2024) le nombre de 16,6 millions d’individus ! Ce qui fait de la France le troisième pays européen pour le nombre de chats, après l’Allemagne et la Russie.
Malheureusement, si le chat est l’animal de compagnie préféré des Français. La France détient aussi un triste record européen : celui du nombre d’abandons : onze animaux abandonnés / heure; 264 abandons / jour. Soit environ 100 000 abandons chaque année, dont un tiers sont des chats (source : campagnes de sensibilisation SPA / 30 Millions d’Amis) !
Un prédateur à contrôler, souligne le Museum d’Histoire Naturelle
Et comme le précise le Museum National d’Histoire Naturelle, “lâché dans la nature, un chat retrouve ses instincts de félin prédateur (…) Ses prédations mettent-elles en péril la biodiversité ? De façon limitée, à condition de les contrôler.”

C’est une étude américaine de 2013 qui a donné l’alerte, précise le Museum. Elle indiquait que les chats domestiques circulant en liberté tuaient chaque année aux États-Unis entre 1,4 et 3,7 millions d’oiseaux et 6,9 à 20,7 millions de petits mammifères. En France, un programme participatif a été conduit entre 2015 et 2022 par le Muséum et la Société française pour l’étude des mammifères. 38 000 observations des proies rapportées par les matous confirment que le chat est avant tout un spécialiste des petits mammifères (à 68 %), et plus spécifiquement des rongeurs. Viennent ensuite les oiseaux (22 %) puis les reptiles (lézards, petits serpents, à 8 %).
Et de préciser : “Pour éviter que ces compagnons à poils ne nuisent à des espèces déjà menacées, il convient donc de limiter leur nombre. Par des campagnes de capture et de stérilisation des chats errants, et en incitant les propriétaires à faire de même. Il est également possible de contrôler ses sorties de chasse : en le gardant à l’intérieur, particulièrement au moment des nidifications ou des envols des jeunes oiseaux, en jouant régulièrement avec lui, et bien sûr en lui assurant une alimentation suffisante.”
Des associations se sont saisies du sujet
De nombreuses associations se sont saisies de ce sujet récurrent. Notamment l’école du chat libre de Toulouse qui s’est fixé pour mission de “protéger, soigner, stériliser et intégrer les chats errants, tout en luttant activement contre la misère féline en milieu urbain.” Installée à Toulouse, l’association repose entièrement sur l’engagement de bénévoles dévoués, sans aucun salarié. Grâce à eux, plus de 1 000 chats sont pris en charge chaque année : abandonnés, blessés, malades ou simplement livrés à eux-mêmes dans les rues.
Cette association organise également des journées d’adoption, les prochaines étant fixées au samedi 23 mai (de 10h à 17h, au Truffaut de Balma : Avenue de Thégra) et le samedi 30 mai (de 10h à 17h, au Animalis du centre-ville : 11, boulevard Carnot, à Toulouse). Plus : https://le-chat-libre.com/
Plus d’informations sur les refuges et associations en Occitanie sont notamment disponibles sur le site secondechance.org. Et si l’essentiel est naturellement que les propriétaires de chats se montrent responsables (et n’abandonnent pas leurs compagnons dans la nature) toutes les initiatives allant dans le sens d’un meilleur contrôle de la prolifération des chats errants sont positives. Telle cette action “Coup de patte”, solidaire et engagée, qui permet à Esthima de soutenir les associations qui sont impliquées dans ce processus…
Philippe MOURET
(*) Esthima, est le numéro un des pompes funèbres animalières en France. Esthima fait partie du groupe Veternity, créé il y a 30 ans autour d’un projet éthique : offrir une solution de fin de vie digne aux animaux de compagnie. Il propose désormais un réseau de 19 établissements funéraires en France, dont deux en Occitanie, à Nîmes et Castelsarrasin…
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