Cet après-midi, Carole Delga avait un rendez-vous important avec le ministre délégué à l’Industrie aux côtés de plusieurs responsables de centrales syndicales et de responsables politiques. La présidente de la région Occitanie s’inquiète plus largement pour l’avenir de la filière bois.
Lors de la réunion au sommet cet après-midi, sur Fibre Excellence, la présidente a rappelé en préambule “le drame social et industriel qui se trame par inexistence de choix stratégiques et forts de l’Etat et de l’actionnaire”. La réunion en visio s’est tenue avec le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT ; Marylise Léon, ses homologues de la CFDT ; et de FO ; Sébastien Vincini, président du département de la Haute-Garonne ; le maire de Saint-Gaudens, Renaud Muselier, président de Paca ou encore Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Métropole de Rouen.
Une “première avancée a été obtenue grâce à la mobilisation déterminée de Carole Delga et des collectivités : l’État s’engage désormais à rechercher 5 M€ pour soutenir la trésorerie” du papetier. “Ce signal, salué par les syndicats, doit impérativement être suivi d’un engagement clair de l’actionnaire, dont le silence depuis plusieurs jours est à la fois inquiétant et incompréhensible alors que le risque de redressement judiciaire se rapproche”, explique un participant.
Carole Delga demande “un soutien renforcé permettant de restaurer la confiance des fournisseurs, preuve que tout un écosystème veut sauver cet outil industriel stratégique”
Quant à la filière bois, Carole Delga s’inquiétait juste avant la réunion en marge d’une visite à Bize-Minervois plus largement pour l’avenir de la filière bois. Elle est justement largement intervenue pour demander “un soutien renforcé permettant de restaurer la confiance des fournisseurs, preuve que tout un écosystème veut sauver cet outil industriel stratégique”, en contestant les arguments juridiques avancés sur le prix de rachat de l’électricité biomasse : “Un avenant sera nécessaire pour sécuriser l’avenir. L’État et l’actionnaire doivent désormais prendre leurs responsabilités. L’actionnaire doit s’exprimer très rapidement : c’est une exigence pour les salariés et pour le territoire.”
“L’objectif est de continuer d’agir en pack avec l’ensemble des partenaires institutionnels et syndicaux pour les 700 familles et ne pas revivre le scénario de la SAM. Comme l’a souligné Carole Delga lors de la manifestation de vendredi, il n’est pas question que la région connaisse une nouvelle fois une telle épreuve.”
Un millier d’emplois directs en jeu
Risquant une fermeture imminente, les usines papetières de Fibre Excellence – jadis La Cellulose – sont en sursis, celles de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et de Gardanne (Bouches-du-Rhône). Pesant de tout son poids, Carole Delga réclame un meilleur prix de rachat de l’électricité pour l’une des dernières usines françaises de papier, située à Saint-Gaudens. Politiques et syndicalistes espéraient que la réunion de mercredi permette d’actionner des leviers d’action pour éviter une fermeture imminente. Un millier d’emplois directs sont en jeu.
Des milliers d’emplois sont concernés
“Près d’un millier d’emplois directs sont en jeu ainsi que plusieurs milliers d’emplois indirects potentiellement impactés dans la filière bois-papier”, alertait le courrier en “urgence” à Sébastien Martin du 28 février dernier signé de l’ensemble des protagonistes politiques mobilisés. Evoquant les conséquences en termes également “d’aménagement du territoire” de “souveraineté industrielle”. Cette table ronde est censée mettre sur la table des leviers d’intervention. Dont principalement celui qui permettrait d’agir sur un prix de rachat du mégawattheure révisé à la hausse.
Contactés, les responsables syndicaux CGT et CFDT et secrétaire du CSE de Fibre excellence n’ont pas donné suite à nos appels
O.SC.