8 mars : La parité à la traine dans les conseils municipaux d’Occitanie

La proportion de femmes dans les conseils municipaux d'Occitanie reste insuffisante... Photo D.-R.

En Occitanie, 39 % des conseillers municipaux sont des femmes, mais dans les communes de moins de mille habitants, où aucune législation n’oblige à la parité, cette part s’établit à 35 %. Les femmes restent éloignées des plus hautes responsabilités politiques : seuls 16 % des maires d’Occitanie sont des femmes, le plus souvent dans des petites communes.

Depuis l’adoption de mesures en faveur de la parité, à partir des années 2000, la représentation des femmes en politique s’améliore. Le mode de scrutin garantit en effet une quasi-parité dans les conseils régionaux depuis 2003, une égalité parfaite dans les conseils départementaux depuis 2013 et l’alternance obligatoire d’un homme et d’une femme sur les listes électorales aux élections municipales depuis 2014 dans toutes les communes de 1 000 habitants ou plus.

Il reste de belles marges de progression

À un an des élections municipales de 2020, une enquête de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) dresse un bilan de l’égalité femmes-hommes au sein des conseils municipaux d’Occitanie, qui permet de dresser les marges de progression en matière de parité.

©INSEE

En 2018, toutes tailles de communes et toutes fonctions confondues (maires, adjoints, autres conseillers), les femmes représentent 39 % des conseillers municipaux en Occitanie, soit un niveau proche de celui observé sur l’ensemble de la France (40 %). En métropole, les régions Bourgogne-FrancheComté, Grand Est et Corse se distinguent avec une représentation des femmes dans les conseils municipaux plus faible (36 %). Le taux de féminisation s’échelonne ensuite de 38 %
dans les Hauts-de-France à 45 % en Île-de-France.

La féminisation des conseils municipaux dépend toutefois de la taille des communes, sans jamais atteindre une totale parité, en Occitanie comme en France. Dans la région comme au niveau national, 47 % des élus dans les conseils municipaux des communes d’au moins 1 000 habitants sont des femmes, malgré l’alternance imposée par la loi d’un homme et d’une femme sur les listes municipales.

Dans les communes de moins de 1 000 habitants (8 communes sur 10 en Occitanie), la proportion de femmes dans les conseils municipaux est nettement inférieure à 50%, en Occitanie comme au niveau national. Dans la région, sur 100 élus municipaux, 35 sont des femmes, l’Occitanie se classant au 8e rang des 13 régions métropolitaines.

Ce taux de féminisation est sensiblement en retrait par rapport à la Bretagne, aux Pays de la Loire et à l’Île-de-France, les trois régions en tête du classement avec un taux de 38 %. En revanche, il est nettement supérieur à ceux du Grand Est et de la Corse, en bas du classement (31 %).

Seulement 16% des maires sont des femmes

Parmi ces communes, moins la commune est peuplée, plus la féminisation est faible : de 31 % pour les communes de moins de 100 habitants à 38 % pour les communes peuplées de 500 à 1 000 habitants. Cette tendance est semblable à celle observée au niveau national.

« La parité est loin d’être acquise à la tête des municipalités », commente l’Insee. En Occitanie, toutes tailles de communes confondues, 16 % des maires sont des femmes, comme au niveau national. Les femmes accèdent plus souvent à la fonction de maire dans les petites communes : 19 % des maires sont des femmes dans les municipalités comptant moins de 100 habitants, 16 % dans celles qui ont entre 500 et 1 000 habitants.

Brigitte Barèges, maire de Montauban. ©Ville de Montauban

Dans les communes de plus grande taille, la part des femmes maires est encore plus faible, entre 14 % pour les communes peuplées de 2 000 à 5 000 habitants et 8 % pour celles comptant entre 5 000 et 10 000 habitants (figure 2). Au-delà, dans les communes d’au moins 10 000 habitants, 11 % des maires sont des femmes et en particulier, parmi les sept communes d’au moins 50 000 habitants, seule Montauban est dirigée par une femme : Brigitte Barèges. Tout un symbôle, dans la ville natale d’Olympe de Gouges.

Toutes tailles de communes confondues, les femmes sont davantage présentes au fur et à mesure que l’on s’éloigne des fonctions de maire. Le taux de féminisation est de 30 % chez les premiers adjoints, 37 % pour les seconds adjoints et 43 % pour les autres adjoints et conseillers.

Plus de femmes maires en Ariège, dans le Lot et en Haute-Garonne

Par ailleurs, les femmes élues dans les conseils municipaux sont plus jeunes que leurs homologues masculins : l’âge moyen est de 54,5 ans pour les femmes et 57 ans pour les hommes. Pour la fonction de maire, l’âge moyen est plus élevé mais l’écart reste du même ordre de grandeur (60 ans pour les femmes contre 63 ans pour les hommes).

En Occitanie, toutes tailles de communes confondues, l’Ariège, le Lot et la Haute-Garonne arrivent en tête pour la proportion de femmes maires (19 %). En bas du classement, la Lozère, les Pyrénées-Orientales et l’Aveyron se distinguent avec un taux particulièrement faible (11 %) et se situent parmi les départements de métropole où la proportion de femmes maires est la plus faible.

On votera en 2020 pour les municipales… Encore un effort ! Photo D.-R.

Dans les conseils municipaux des communes de moins de 1 000 habitants pour lesquelles la parité des listes n’est pas obligatoire, la part des femmes varie de 31 % à 39 % selon le département d’Occitanie. L’Hérault et le Gard sont les plus féminisés. Les Hautes-Pyrénées se distinguent au contraire par une faible proportion de femmes élues, parmi les plus basses de France. Allez, il ne faut pas s’arrêter au 8 mars, il reste un an pour faire évoluer les choses et féminiser les équipes en vue des prochaines élections municipales !

Comme l’écrivait Olympe de Gouges, une référence incontournable, dans son article 10 de la Déclaration des droits des femmes et de la citoyenne : « Les femmes ont le droit de monter à l’échafaud. Elles doivent avoir également celui de monter à la tribune. » La société a su évoluer pour la guillotine, pour céder aux femmes une place méritée à la tribune… c’est plus difficile !

Philippe MOURET