Tennis : Beaux matchs et mauvais rebonds à l’ITF de Montpellier

le Tournoi international féminin (ITF) de Montpellier se termine dimanche. Belles performances et mauvais rebonds... Photo D.-R.

Jusqu’à dimanche, les courts de l’ASCH de Montpellier, à Grabels, résonnent des échanges entre joueuses participant au 13e Tournoi international de tennis Féminin, organisé par le Comité de tennis de l’Hérault. Mais si, sur les courts, le spectacle est souvent lumineux, dans l’obscurité des coulisses il y a parfois de faux rebonds… Jean-Louis Rey, président du Comité de l’Hérault nous dit tout…

Un 8e de finale du tournoi… Photo Droits réservés

D’abord, il faut savoir que  l’Open Montpellier Méditerranée Métropole – Hérault fait partie des tournois dotés de 25 000 $ en France. Seuls 11 tournois, après Roland Garros, offrent une dotation plus importante. Ce positionnement dans la hiérarchie des tournois est essentiel pour les joueuses. En effet le nombre de points acquis au classement WTA et le prize money des joueuses est fonction de la catégorie du tournoi. Grâce à cette dotation, à Montpellier le tableau final de simple est composé de joueuses classées entre la 200e et la 400e place au classement mondial.

Une seule ombre au tableau…

Une qualité nationalement et internationalement reconnue, qui vaut à l’Open féminin montpelliérain une fréquentation en hausse constante. L’an dernier, près de 6000 personnes avaient assisté aux matchs durant les neuf jours du tournoi… Cette année les prévisions semblent de nature à confirmer cette belle réussite, ce que souligne le président héraultais Jean-Louis Rey : « Ma priorité et celle de toute l’équipe qui m’entoure reste l’accueil des joueuses dans les meilleures conditions ; je pense que nous menons à bien cet objectif car les joueuses ont plébiscité notre tournoi, le désignant comme le meilleur en 2017 dans la catégorie « tournoi international féminin 15 000$ & 25 000$ » lors de la remise des récompenses des troisièmes trophées du Tennis Féminin ProElle Tennis. »

Un enthousiasme partagé par tous les partenaires de l’événement, notamment Montpellier-Méditerranée Métropole, le département de l’Hérault, Dalkia et bien sur le Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier, qui accueille le tournoi sur les terrains de l’association sportive et culturelle des Hospitaliers (ASCH), à Grabels. Mais cette année, c’est autre chose qui chagrine Jean-Louis Rey… C’est un mal qui gangrène peu à peu l’ensemble du tennis mondial : les parieurs en ligne, qui détournent les règles ou parfois truquent des matches.

Les parieurs se font entre 2000 et 5000 euros la semaine

« C’était un mal déjà bien connu dans les tournois garçons, mais ils arrivent chez les filles, souligne Jean-Louis Rey. Nous avons fait appel à la gendarmerie, cette semaine, pour expulser quatre parieurs espagnols. Notre chance, c’est que les courts sont sur un terrain privé, nous pouvons donc en contrôler l’accès, mais sur un terrain municipal, ce serait plus compliqué… »

Pour le président du Comité de tennis de l’Hérault, « c’est un fléau qui ne cesse de se développer. Sur des tournois comme le notre c’est très compliqué à contrôler. Bien sur on repère certaines attitudes, la façon d’utiliser un téléphone portable est un bon indicateur, mais cela reste aléatoire… Ils parient sur un jeu, un set… en principe ils n’ont pas le droit de se trouver à l’intérieur de l’enceinte du stade car ils parient en instantané sur le résultat d’un jeu, ou d’un  set. Avec un décalage de 20 secondes, ils peuvent empocher des gains qui vont de 2000 à 5000 euros pour la semaine », il y a de quoi attiser les convoitises… Et c’est bien plus que ce que peuvent espérer empocher grâce à leurs résultats la plupart des joueuses et joueurs du circuit.

Des conditions idéales sur les courts de Grabels

Beau temps et conditions idéales (malgré la chaleur) sur les courts cette semaine… photo Droits réservés

Les tournois qui se déroulent dans les pays de l’Est de l’Europe semblent particulièrement vulnérables. Un Russe a également repéré à Grabels… Mais le mal se répand très vite, ainsi que le laissait entendre un reportage très documenté de l’émission Stade 2 (sur France2). « Les autorités ont aggravé le problème en vendant aux opérateurs de paris les données de match en direct, qui facilitent grandement les paris jeu par jeu et donc le trucage des rencontres », soulignait récemment Clément Guillou pour Le Monde.

Jean-Louis Rey souligne par ailleurs que lors d’un récent tournoi à Padova (Italie), des parieurs ont tenté de truquer des rencontres en influençant les joueuses. « Ici nous sommes dans de bonnes conditions pour assurer la protection des joueuses, le parc est bien organisé et tout est sous contrôle. Mais sur d’autres sites c’est plus compliqué… J’espère que des décisions seront prises au plus haut niveau pour combattre ce danger… »

En attendant, sous le regard protecteur de Jean-Louis Rey et de ses équipes, le tournoi ITF se  poursuit en toute sérénité et dans des conditions météo idéales, avec les demi-finales prévues ce samedi à partir de 16h et la finale dimanche à 17h… Car l’essentiel c’est que le sport l’emporte sur tout le reste et les organisateurs de ce 13e Open fémininy veillent !

Philippe MOURET

Pour en savoir plus sur le tournoi, accèder directement au site du Comité de l’Hérault en cliquant ICI.