Jamais le Festival International du Film Politique de Carcassonne (FIFP) n’avait rassemblé autant de talents issus de contextes géopolitiques si variés. Cette 8ᵉ édition renforce la place du FIFP comme carrefour du cinéma politique internationale, où chaque film trouve sa résonance à travers le dialogue avec le public, et où les enjeux locaux et mondiaux se croisent autour du 7e art et de la réflexion politique collective.
Parmi les œuvres programmées, plus de la moitié seront accompagnées de leurs cinéastes, scénaristes, acteurs ou encore producteurs, venant de France, Norvège, Bulgarie, Belgique, Japon, Syrie, Liban, Espagne, Allemagne, Suède, Hongrie, Géorgie, Russie, Ukraine… Ces créateurs apportent des récits et des perspectives issus de contextes politiques, géopolitiques, sociaux complexes, où la liberté d’expression et le droit même de projeter des films peuvent être fortement restreints.
Une plateforme de dialogue international
Cette participation exceptionnelle d’équipes de films est sans conteste la plus belle réussite du 8e FIFP. Elle ancre le festival parmi les rendez-vous les plus importants du cinéma politique à travers le monde, et prouve que Carcassonne devient, petit à petit, le passage logique des films politiques dans leur parcours vers la sortie en salle. Elle dénote aussi l’importance qu’accordent les cinéastes au contact direct avec le public, particulièrement dans des pays où il leur est parfois difficile de simplement projeter leur film.
Pour les festivalières et festivaliers, cette édition offre ainsi l’opportunité de croiser des regards venus de contextes très différents, du Moyen-Orient à l’Europe de l’Est, de l’Asie à la Scandinavie. En quelques jours, le festival se transforme en plateforme de dialogue international, permettant de comprendre le monde contemporain par les yeux de celles et ceux qui le racontent, et d’explorer les grands enjeux politiques mondiaux à travers le cinéma. Une démarche essentielle aujourd’hui !.

Gros plan sur l’Ukraine
Notamment, quatre ans après le début de l’agression russe contre l’Ukraine, on notera la présence forte de ce conflit dans la programmation (6 films, dont une fiction et 5 documentaires), ainsi que la venue des équipes des films, qui amène le festival à proposer une discussion, en public, dimanche 18 novembre, pour aborder le poids de la guerre en Ukraine au plus près de la vie quotidienne (cette rencontre sera en anglais, sous-titrée en français).
Seront présents : Alexander Rodnyansky co-réalisateur de “Notes of a true criminal” et Alexander Rodnyansky co-réalisateur; Marcus Lenz, co-réalisateur de “Shards of light” et Anne-Marte Blindheim, scénariste et productrice de “Facing War” (en avant-première française à Carcassonne).
Et aussi : C’est l’un des films les plus réservés par le public au sein de la programmation de cette 8e édition du Festival International du Film Politique de Carcassonne : “La Maison des Femmes”, long métrage de fiction de Mélisa Godet, fera aussi l’événement par l’importance des intervenants à la rencontre qui suivra la projection du film.
Lieux d’accueil, lieux de vie…
Sont attendues en effet à Carcassonne, non seulement la réalisatrice, qui passe pour la première fois derrière la caméra après une longue carrière dans les métiers du cinéma, mais aussi la productrice Emma Javaux, et enfin Dr Ghada Hatem-Gantzer, la créatrice de la Maison des Femmes de Saint-Denis en 2016.
C’est à la fois un lieu de soins pour les femmes victimes de violences, un lieu de planification familiale et une unité pour les femmes excisées, créée grâce aux efforts de la gynécologue obstétricienne qui a rassemblé sur le projet des fonds publics et privés. À noter que le film, tiré de l’histoire de cette structure, présente un casting très relevé, de Karin Viard à Aure Atika, de Laëtitia Dosch à Eye Haïdara, d’Oulaya Amamra à Juliette Armanet…
D’un type de structure d’accueil à un autre, le festival ouvrira aussi le débat sur la difficulté, voire l’impossibilité, d’assurer la prise en charge des adultes handicapés dans certains pays. Anna Rubi, réalisatrice hongroise, viendra échanger avec le public de son documentaire “Your life without me”. Ce film retrace le combat de Magda, mère de famille de 70 ans, et d’autres personnes dans le même cas qu’elle pour obtenir que le gouvernement de leur pays tienne ses engagements : la construction de petites structures d’accueil où leurs enfants lourdement handicapés pourront vivre dans la dignité lorsque leurs mères ne seront plus là.
Pour la programmation complète : https://festival-cinema-carcassonne.org/fr/programmation/programmation-2026
Philippe MOURET