Occitan / Montpellier : Découvrir les études et opportunités de carrière

De la Fac au monde du travail, l'Occitan peut-être un atout de plus. Photo D.-R.

À l’occasion de la journée portes ouvertes à l’Université Paul-Valéry du 14 mars, le département d’occitan accueillera de jeunes professionnels titulaires d’une licence d’occitan, qui viendront témoigner du déroulement de leurs études et de l’insertion professionnelle qui les a suivies.

Enseigner n’est que l’une des options de carrière qui s’ouvrent grâce à l’Occitan… Photo D.-R.

A la question, « Pourquoi apprendre l’occitan ? », Jean Salles-Loustau (inspecteur général de l’Education nationale) répond :  « Pour le plaisir et la culture sans doute, mais aussi pour s’ouvrir des opportunités d’emploi ! Professeur, traducteur, chargé de mission dans une collectivité territoriale, libraire, comédien, chanteur… les métiers de l’enseignement, de la culture, du journalisme, de l’édition manquent aujourd’hui de professionnels qui maîtrisent l’occitan… » Une brochure de l’Onisep l’affirme (lire, ICI). Et pour ceux qui en douteraient, le département d’Occitan de l’université Paul-Valéry donne rendez-vous mercredi 14 mars en salle A 105, de 14h à 16h, pour y rencontrer de jeunes professionnels…

Des jeunes telle Francesca Peyronet, webmaster pour le Théâtre de la Rampe : «Quand j’ai conçu le site internet de la compagnie, il y avait très peu de sites concernant la culture occitane sur la toile. Je l’ai repensé complètement (à découvrir ICI, NDLR). L’occitan est de plus en plus présent sur internet, alors continuons à faire découvrir la richesse occitane par ce média ! » Ou Valentin Belhome : « Je travaille sur un observatoire de l’enseignement et de l’emploi (voir ICI, NDLR). Je fais des statistiques sur le nombre de personnes qui suivent des cours d’occitan (cours pour adultes, calandreta, écoles bilingues publiques, lycée ou université), et le nombre de personnes qui ont un emploi en lien avec la langue et la culture… »

Sachez d’autre part que depuis 2010, le service de l’emploi occitan www.emplec.com met en relation employeurs et demandeurs d’emploi autour de la langue occitane. Le site propose de nombreuses offres professionnelles et les conditions nécessaires pour avoir le poste (niveau d’occitan demandé, missions, type de contrat, expériences…). Les recherches peuvent s’effectuer par types d’emplois et zones géographiques. Il est possible de postuler directement en ligne. On trouve également des fiches explicatives pour aider à la conception de CV, lettres de motivation, préparation d’un entretien professionnel. Ce service s’engage à renseigner ses
utilisateurs par téléphone et poster les offres dans des lieux publics tels que les facultés, les centres d’information et les maisons de jeunes.

Jules Ronjat, linguiste et félibrige

La veille, mardi 13 mars aura lieu (également salle A 105; à 17h15), un séminaire RedOc/LLACS animé par Jean Thomas (université de Toulouse Jean-Jaurès) autour de son ouvrage : « Jules Ronjat : Entre linguistique et Félibrige (1864-1925) », édité chez Vent Terral, en 2017.

Jules Ronjat était un savant et un linguiste, certainement un des plus grands romanistes du début du XXe siècle, au parcours étonnant. Né à Vienne (Isère), en dehors des limites linguistiques de l’Occitanie, c’est par admiration pour Mistral qu’il apprend l’occitan provençal et se dévoue totalement à cette cause. Élu majoral du Félibrige, il en deviendra même baile (administrateur). Entretenant une correspondance suivie, non seulement avec le Maître de Maillane, mais aussi avec les plus grands linguistes de son temps, il est l’auteur d’une importante Grammaire des Parlers provençaux modernes en quatre volumes, demeurée sans équivalent.

Une littérature occitane pour la jeunesse

L’album de jeunesse est entré dans les mœurs, à l’école, à la maison… Photo D.-R.

Et le jeudi 29 mars (à 19h) une rencontre est prévue à la librairie Sauramps de Montpellier sur la « littérature occitane pour la jeunesse ». Mettre un album dans les mains d’un enfant, interroger avec lui les images, plus tard lire le texte duquel il ne s’agira plus de s’écarter d’un mot, installer un kamishibai (*) dans une salle, ce sont les gestes de l’accès à la lecture, de l’initiation au plaisir littéraire.

L’album de jeunesse est entré dans les mœurs, à l’école, à la maison. Il abonde sur les rayons des librairies, il séduit graphistes, auteurs et éditeurs. L’image de la langue occitane auprès des jeunes publics a tout à gagner de sa présence dans la littérature pour la jeunesse. C’est pourquoi la Felco donne carte blanche à deux éditeurs de la région OccitanieLirabelle (à Nîmes dans le Gard, plus d’info ICI) pour tous les genres de littérature d’enfance et de jeunesse qu’ils explorent, dont les kamishibais, et à Grandir (également à Nîmes, en savoir plus, ICI) pour la collection des « Papiers coupés ».

« Nous apprécions leur exigence de qualité, leur ouverture sur les cultures du monde, et leur intérêt de longue date pour les cultures occitane et catalane. Avec quelques-unes de leurs publications récentes – et d’autres anciennes qui n’ont rien perdu de leur charme et que nous présenterons aussi, avec des ouvrages de Florian Vernet, Max Rouquette, Jean-Claude Forêt ou Georges Gros – nous verrons comment la lecture favorise l’apprentissage d’une langue, la découverte du monde et de soi-même » précise Marie-Jeanne Verny, du département d’Occitan de l’université Paul-Valéry.

Philippe MOURET

(*) Le kamishibaï est une sorte de théâtre ambulant japonais, où des artistes racontent des histoires en faisant défiler des illustrations devant les spectateurs.