Hissez haut ! Du 31 mars au 6 avril, plus de 400 000 visiteurs sont attendus au pied de plus 120 bateaux légendaires dans une ambiance festive à nulle autre pareille nantie de 60 groupes ! L’Italie en est l’invitée d’honneur. Comme la culture et la cuisine maritimes de nombreuses rives maritimes.
Avoir assez de musique dans le coeur pour faire danser sa vie. Directeur général d’Escale à Sète, rendez-vous bisannuel qui réunit de grands voiliers hiératiques, le Sétois Wolfgang Idiri est sur le fil de l’émotion quand il évoque l’organisation du plus grand événement de ce genre en Méditerranée. Qui rassemble. Qui fait consensus. Qui fait du bien à une époque où la société n’est que violence.

Par les temps qui courent, ce n’est pas la moindre des satisfactions. “C’est la première fois qu’il y a autant de délégations à Escale, a-t-il dit dans “la plus grande improvisation” (!) ; il y aura 1 000 ateliers à terre ; “l’Italie sera invitée d’honneur”, énumère ce musicien qui cite “les mandolines slovènes” comme une pépite dénichée on ne sait où ; mais aussi “la tradition de la culture du sel”, là aussi slovène ; qui n’oublie pas de mettre à l’honneur la culture des gens de travail dont les chansons un peu cachées tournent autour du vin et des femmes, notamment, et qui soutiennent leur effort légendaire inégalé. On transpire avec lui. Cette culture est riche. C’est elle qui fait le lien avec tous les océans. Avec toutes les rives. Toutes les civilisations. Que l’on soit de Méditerranée, où le pêcheur ne s’éloigne jamais plus d’une journée des côtes, ou de Terre Neuve où la saison frigorifiante est autrement plus longue. Ce répertoire des chants de marins est un ciment.
“Qualité du contenu culturel du festival”

Président de l’association aux 500 bénévoles, Raymond Dublanc a dédié cette édition “aux marins Agathois morts au large de Sète” il y a quelques jours et qualifié cette manifestation de “pont ouvert sur le monde”. Pour la première fois également, les organisateurs ont décidé de consacrer une conférence de presse au caveau du Théâtre Molière ce vendredi soir à la “qualité du contenu culturel du festival”, qui était organisée en prélude à un concert de chants de marins kabyles avec le chanteur Cheikh Sidi Bémol et le percussionniste occitan André Minvielle, comme l’a expliqué Sandrine Mini, directrice du théâtre de Sète.
Ainsi, cette culture qui rassemble sera animée par plus de soixante groupes de musique de nombreuses contrées maritimes, “des artistes qui incarnent la réalité de la vie des gens de mer sur les rives du monde”, a poétisé Wolfgang Idiri, soulignant l’importance de cette “vulgarisation de la richesse des gens de mer”. Parades, démonstrations, visites des bateaux… Des délégations (1) au contenu culturel très riche autour du patrimoine maritime, soutenu par l’Unesco, avec des “savoir-faire, chanson, techniques culinaires et des histoires de marins…”
L’Italie, invitée d’honneur d’Escale à Sète

Escale n’est pas un artéfact. Il y aura bien sûr ces géants imposants et les figures imposées. Invitée d’honneur, l’Italie, notre jumelle qui a peuplé Sète, sera présente en nombre mais il y aura aussi des anciens bateaux déjà venus, que le public aura plaisir à revoir, qui assureront le succès évident de cette nouvelle édition qui réunit plus de 400 000 personnes sur les quais de Sète du 31 mars au 6 avril où “les visiteurs sont les acteurs” de cette belle fête. De cette belle célébration du patrimoine et de ce qui fait commun. Hommage sera également rendu à deux figures du chant maritime : “La grande scène portera le nom de Patrick Denain et celle de la Criée de Jean-Louis Zardoni”, musicien sétois très engagé dans les traditions et leur transmission.
1 000 ateliers gratuits et Escal’assiette

Quant à la gastronomie, elle occupera une place importante. Le directeur d’Escale a évoqué dans un néologisme des “cuisinades”, démonstrations culinaires avec pêcheurs, ostréiculteurs, vignerons… De quoi mieux connaître poissons et spécialités. Et de mieux se connaître ! Sans oublier plus de 1 000 ateliers gratuits pour le public et Escal’assiette associant des restaurateurs sétois à la mise en valeur des produits locaux frais et faits maison.
Wolfgang Idiri a révélé que El Galeón participera à l’intégralité d’Escale comme le navire indien Sudarshini, n’ayant pas pu participer aux cérémonies d’anniversaire des USA comme prévu et restera en Méditerranée. Il y aura dans son sillage une armada de 120 bateaux de travail d’hier et d’aujourd’hui – grands voiliers, navires de pêche, unités militaires et scientifiques…
Olivier SCHLAMA