Cet été, le public du Parc de la Préhistoire (*) peut découvrir deux nouveaux Géants de l’âger de glace, uniques en leur genre, au sein de l’espace muséographique. Deux nouveaux pensionnaires qui arrivent à l’occasion d’une restauration du célèbre mammouth de Baulou, découvert en Ariège et figure emblématique du Parc depuis 2009. Ayant subi des dégradations évolutives, le squelette du pachyderme préhistorique vient d’être confié à l’entreprise experte Eldonia et va bénéficier d’une restauration majeure. Il sera de retour sur le Parc de la Préhistoire au printemps prochain.
D’un côté, avec un gabarit singulier qui contraste avec les spécimens de mâles imposants habituellement exposés, Olga : un squelette de mammouth femelle de 2,2 mètres de haut. Il est constitué à plus de 80% d’ossements originaux découverts dans les dépôts de la rivière Irtych, dans la région de Tioumen en Sibérie centrale.

Deux nouveaux pensionnaires à découvrir !
Ce “mammouth de poche” a fait l’objet d’une expédition importante avec des camions tout-terrain et bateaux adaptés pour son extraction des berges du grand fleuve sibérien. Il prend la place du mammouth de Baulou pour une durée d’environ un an, le temps de sa restauration.

De l’autre, un imposant “Rhinocéros Laineux” ultraréaliste reprend vie au sein du musée. Pesant jusqu’à deux tonnes pour près de 2 mètres au garrot, le rhinocéros laineux (Coelodonta antiquitatis) était l’un des piliers de la mégafaune du Paléolithique. Un animal parfaitement adapté au froid extrême grâce à son épaisse toison et doté d’une gigantesque corne en “chasse-neige” pour atteindre sa nourriture.
Cette reconstitution, réalisée par l’Atelier Ophys, est le fruit d’un travail unique et complexe de près de 2 mois et demi, mêlant rigueur scientifique et artisanat d’art avec un pelage constitué de crin de cheval, nettoyé, calibré, trié par nuances puis implantés par petites touffes isolées. Une pièce remarquable réalisée en poils véritables, une première sur le Parc de la Préhistoire.
Ce nouvel herbivore prend place aux côtés du Cerf mégacéros et du bison dans l’espace centrale de la scénographie, qui sera prochainement complétée par un crâne de rhinocéros comparable à celui visible dans la grotte du Mas-d’Azil.
À noter : un fac-similé d’une peinture de rhinocéros de la grotte de Chauvet (Ardèche), réalisé durant l’hiver, intègrera définitivement l’espace au printemps 2027.
Restauration importante pour le mammouth de Baulou
Le mammouth de Baulou constitue un spécimen paléontologique d’une exceptionnelle rareté. Seuls quatre squelettes de mammouth présentant un tel niveau de conservation ont été découverts en France. Il demeure le plus imposant mammouth laineux (Mammuthus primigenius) mis au jour sur le territoire français. Son fémur, long de 1,19 mètre, figure parmi les plus grands exemplaires connus
pour cette espèce.

Découvert en 1901 lors des travaux de la ligne ferroviaire Foix–Saint-Girons, le squelette de ce mammouth va bénéficier d’une restauration de près d’un an, après des dégradations constatées en 2024. Menée par l’entreprise Eldonia, cette intervention vise à assurer sa conservation à long terme, à moderniser sa structure porteuse, à corriger certaines erreurs anatomiques issues des anciens montages et à lui redonner une posture plus fidèle et plus dynamique.
Le mammouth de Baulou a momentanément quitté le Parc de la Préhistoire. Ce chantier permettra de préserver cette pièce emblématique du patrimoine paléontologique. Il sera de retour à Tarascon-sur-Ariège au printemps 2027.
Ph.-M.