À Port-Vendres, Bastien et Marie sont les derniers vendeurs d’anchois frais de Méditerranée, espèce que l’on croyait disparue. Faux ! “Les stocks explosent”, lance même Tarek Hattab, de l’Ifremer Sète, depuis la Grèce, où il participe à la réunion annuelle d’évaluation des poissons pélagiques. Problème, “la filière de commercialisation n’existe plus”, souligne Bertrand Wendling, directeur général de la coopérative SaThoAn. 

La surpêche aurait un peu baissé. Mais l’Ifremer s’alarme d’un effondrement d’un quart des poissons en France d’ici la fin du siècle. En cause, le réchauffement climatique, remettant davantage en cause le rendement maximum autorisé sans marge de manoeuvre, comme le dit Philippe Garcia, président d’une association de défense. En Méditerranée, trop peu d’espèces sont évaluées. Mais l’Institut affirme que thon rouge et anchois, deux espèces les plus débarquées, sont “en reconstitution” et “en bon état”. Alors que les trois-quarts de nos poissons pêchés partent à l’export, France Terre de Pêches milite pour du poisson français dans les cantines.