A 69 entre Castres et Toulouse : “La mise en service est toujours prévue pour octobre”

Les premiers enrobés de la A 69, à Verfeil. Ph. Cyril Cortez

C’est ce qu’a annoncé Martial Gerlinger, directeur général d’Atosca. Grâce au feu vert de la justice validant l’autorisation environnementale et malgré l’occupation illégale de plusieurs dizaines d’hectares près du chantier, les travaux ont pu continuer. Et 500 000 tonnes de revêtement seront déposés dans l’été sur cette autoroute contestée depuis trois ans.

Pas moins de “78 % du travail a été accompli, soit 450 M€ de travaux”. Le maître d’œuvre et futur concessionnaire Atosca a annoncé que la pose du revêtement a bien commencé pour recouvrir les 53 kilomètres devant relier Castres à Toulouse. Même si tous les recours judiciaires n’ont pas été épuisés, la liaison autoroutière devrait entrer en service en octobre. C’est ce qu’a maintenu, lors d’un récent point presse, le directeur général d’Atosca, Martial Gerlinger, qui n’a, en revanche donné aucun des tarifs qui seront pratiqués à l’ouverture de cette bande de bitume, entre le sud du Tarn et la Haute-Garonne, si controversée, devenue un emblème des luttes écolos.

Nombreux rebondissements judiciaires

Pose de glissières en béton armé sur la A69, Ph. Cyril Cortez.

Son maître d’œuvre et futur concessionnaire, Atosca. “On a fraîchement démarré ; il y a eu les premiers enrobés à Verfeil”, se félicite Walter Guyonvarch, qui supervise, lui, les travaux. Son équipe – 850 personnes et 350 engins travaillent sur le chantier – estime jouable la pose des quelque 500 000 tonnes de revêtement au cours de l’été. Pied de plomb sur l’accélérateur. Il faut dire qu’il s’est passé presque trois longues années entre les tout premiers coups de pioche et la pose du revêtement sur la A 69. Entre les deux, il y eut de nombreux rebondissements judiciaires et qui ne sont pas clos. Martial Gerlinger l’assure : “90 % des terrassements et 97 % des ouvrages d’art ont été réalisés ».

Le chantier peut continuer à la faveur de la décision favorable de la Cour administrative d’appel de Toulouse

Premiers enrobés à Verfeil, sur la A69, Ph. Cyril Cortez.

Dernier coup de théâtre, le 12 janvier, le tribunal judiciaire de Toulouse ordonna à Atosca de suspendre les travaux dans plusieurs zones voisines de l’autoroute sur lesquelles. “Ces zones nous servaient à entreposer des matériels ; elles seront rendues à l’agriculture ou à la nature”. Atosca – qui parle de 45 hectares et non pas de 88 hectares – l’a fait sans autorisation. Et qui a dû payer 4 500 € d’astreinte par jour, soit pour trois jours : 13 500 €. Pour autant, le chantier a pu continuer : la Cour administrative d’appel de Toulouse l’a ainsi décidé le 30 décembre dernier. Son arrêt, déterminant dans ce face-à-face judiciaire avec les associations de défense de l’environnement réunie sous la bannière de la Voie est Libre, a validé l’autorisation environnementale (qui avait été annulée en première instance). Les opposants ont annoncé se pourvoir en cassation devant le Conseil d’Etat.

27 sites dits de compensation

Assainissement en cours de réalisation sur la A69, Ph. Cyril Cortez.

« Nous avons fait des demandes de dérogations pour des travaux de nuit ponctuellement aux préfets du Tarn et de Haute-Garonne, a encore confié Martial Gerlinger. Ce qui n’est pas le cas actuellement. Et le bruit ne sera pas permanent. » Le directeur général d’Atosca a aussi précisé que “seront pris en charge 27 sites de compensation – comme sur le site de Saix – avec une obligation réelle environnementale (ORE) équivalente à 320 hectares à 330 hectares. Demandant des acquisitions foncières entre 95 hectares et 104 hectares. Enfin, il y aura la plantation de 240 000 arbres et arbustes. » Il y aura aussi la transplantation d’espèces comme la Fritillaire Pintade, la nigelle de France, le Trèfle écailleux ou Renoncule à feuilles d’ophioglosse.

Par ailleurs, la A 69 sera une autoroute dite 100 % en flux libre, dont un premier portique de péage vient d’être installé.

Olivier SCHLAMA

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