Une semaine sans ma voiture : Un kit pour sensibiliser et franchir le pas

Testée par l'association In'VD à Castelnau-Peygayrols, en Aveyron, la Semaine Sans Ma voiture a connu un succès foudroyant en 2019. Photo : In'VD

Testée par l’association In’VD à Castelnau-Peygayrols, en Aveyron, la Semaine Sans Ma voiture a connu un succès foudroyant en 2019. Elle est depuis interpellée par de nombreuses communes qui pourront utiliser son kit d’organisation, un projet lauréat des budgets participatifs de la Région Occitanie.

On connaissait les chambres en kit d’Ikea ou les kits de pâtisserie facile. Voici désormais un prêt-à-organiser… d’une semaine sans ma voiture ! L’association In’VD (Innovation véhicules doux) propose toute une méthode qu’elle a éprouvée pour passer de la théorie à la pratique, s’agissant des mobilités douces. Le projet du couple Jacquemin est même arrivé en deuxième position dans les votes pour désigner les lauréats du budget participatif de la Région Occitanieréservé aux projets en montagnes et qui lui a permis de récolter 74 400 000 € de financement de la région sur un total de 94 500 €. Et à la première place en Aveyron.

Depuis son village de Castelnau-Peygayrols, en Aveyron, Hélène Jacquemin dit : « Nous proposons d’offrir le mode d’emploi et d’organisation et une flotte de véhicules innovants aux villages qui voudront organiser une semaine sans ma voiture. » Parce que « tester un autre mode de transport constitue un grand pas en avant dans le changement de mentalités », précise le président de In’VD, Michel Jacquemin.

Tous ont été volontaires ! Le but était de montrer qu’il est possible de faire autrement pour une majorité de gens, même dans une zone très rurale »

Hélène Jaquemin

Tout commence mi-2019. « Nous y avons organisé une opération Un village, un défi : une semaine sans voiture dans le village de Saint-Bauzely, à 20 km au nord de Millau, en Aveyron, où il y a un dénivelé de 600 mètres », pas forcément facile pour tous les véhicules électriques, notamment. Le succès est foudroyant. Calèches, réseau pouce, covoiturage, vélo électrique, remorque assistée, une Twizy de Renault… Ou le Rézo Pouce, une formule d’auto-stop encadrée par les pouvoirs publics, né à Moissac dans le Tarn-et-Garonne (Occitanie) et qui ne cesse de s’étendre.

« Tous ont été volontaires ! Le but était de montrer qu’il est possible de faire autrement pour une majorité de gens, même dans une zone très rurale. » Et surtout « l’expérience a marqué les esprits à tel point que lorsque nous avons effectué un suivi six mois après, la plupart des 40 personnes qui avaient participé nous ont spontanément interpellés. « Quand revenez-vous ? », nous ont-il tous demandé. Cette expérience change pas mal de chose. Notre vision des choses, notre rapport au temps… »

Il y a même un couple qui n’a pas participé directement à la semaine sans ma voiture mais qui nous a dit avoir eu le déclic (…) Ils ont fait fabriquer un tandem solaire et à parcouru plus de 2000 km…! »

L’idée sous-jacente c’est que les participants prennent du plaisir et puissent naturellement prendre l’initiative de rouler avec un véhicule décarboné. Parce que changer ses habitudes de transports et de mobilité, c’est indéniablement difficile. Beaucoup ont changé leurs habitudes ou envisagent très sérieusement de le faire. « Nous connaissons même un couple qui n’a pas participé directement à la semaine sans ma voiture mais qui nous a dit avoir eu le déclic grâce à notre opération. Elle est infirmière et lui souffre de la maladie d’Alzheimer. Ils ont, depuis, fait fabriquer un tandem solaire et ont parcouru plus de 2 000 km avec en septembre et octobre derniers ! Ils ont baptisé leur périple le Tour de la Mémoire… » Ce ne sont pas les seuls sensibilisés : plusieurs villages sont intéressés par ce « kit » : l’hôpital de Millau ; les communes de Castanet-Tolosan, de Martres-Tolosane, Saint-Georges d’Orques, Nant, le Vigan. Et, bien sûr, Saint-Bauzely qui veut organiser une seconde édition.

Plusieurs villages intéressés et même un hôpital

Dans le Landernau, plusieurs villages alentour ont donc l’ambition d’organiser le même type de défi d’une semaine sans voiture.« Il faut sensibiliser par des affiches, faire des réunions, etc. Il y a tout un travail et toute une expérience dont nous pouvons faire profiter les communes volontaires ; il y a aussi eu tout un travail d’évaluation sur l’impact de ce genre d’événement réalisé par un chercheur spécialisé de l’université de Lyon… » Et d’ajouter : « On ne sait pas si tout sera gratuit pour les candidats à une semaine sans voiture. Le modèle économique n’est pas encore tranché » : Peut-être demanderont-ils une participation de quelques centaines d’euros. Symbolique. Pour également tout simplement pour « participer aux frais d’acheminement des véhicules, entre autres… »

Des « Vélautos », véhicules élaborés sur la base d’un vélo et qui va vers une auto

Hélène Jacquemin et son mari Michel, 59 ans et 62 ans, formatrice en communication interpersonnelle, et menuisier, qui veulent partager ce savoir-faire, sont allés plus loin. « On s’est dit à part le vélo et la voiture électriques que pourrait-on proposer d’autre comme véhicules ? Et là ils se sont aperçus qu’il fallait entre autres solutions aller vers ce que Hélène Jacquemin appelle des « vélautos », des véhicules élaborés sur la base d’un vélo et qui vont vers une auto et dont le gros avantage est de ne pas avoir besoin d’une longue et coûteuse homologation. »

Il s’agit de la conception d’un vélo équipé d’une carrosserie, à l’instar du Wello, par exemple. Ou de la Sorean, dont le nom évoque la voiture, la Dolorean, du film mythique Retour vers le Futur. Un vélo amélioré roulant grâce à l’énergie solaire. Ce sont ces véhicules que l’association In’VD, qui revendique 240 adhérents, envisage d’acquérir pour ensuite les proposer à l’essai et convertir un maximum de gens à ces modes de transports alternatifs.

Le couple Jaquemin, lui, s’y est converti il y a plusieurs années. Mariés il y a cinq ans, ils avaient même organisé leur voyage de noces à vélo électrique. Lille, Amsterdam, l’Autriche… Ce sont même les Compagnons du devoir de Toulouse qui ont conçu leur lit-remorque…

Olivier SCHLAMA

Budgets participatifs avec Dis-Leur !