Tourisme – Statues (4) : Quelques esprits savants qui ont traversé le temps

Le socle de la statue de François Arago à Perpignan est l'oeuvre du peintre et architecte toulousain Paul Pujol. Photo Ph.-M.

Pour un quatrième chapitre, Dis-Leur ! vous invite à découvrir les statues des personnages illustres d’Occitanie. Après D’Artagnan, Nougaro et Brassens, Frédéric Mistral et quelques autres, voici trois personnages sans doute moins connus du grand public, mais qui occupent cependant une place centrale au Panthéon régional.

Jurisconsulte, théoricien du droit romain, Jacques Cujas est né à Toulouse en 1522. La ville lui a rendu hommage avec une rue et une statue, place du parlement, derrière le palais de justice. Quant à Pierre de Fermat il fit ses études de droit à Toulouse, même si c’est dans le domaine des mathématiques que lui est venue la renommée à laquelle il doit qu’on ait donné son nom à un lycée bien connu du centre-ville.

Arago, astronome, physicien et homme d’État

La statue de François Arago, au coeur de Perpignan. Photo Ph.-M.

Enfin, François Arago (1786-1853). C’est dans les Pyrénées-Orientales qu’il vit le jour. Il est l’un des 72 savants dont le nom est inscrit sur le premier étage de la tour Eiffel. A son propos, l’encyclopédie Larousse en ligne précise : « Par ses contributions à la physique et à l’astronomie, ainsi que par ses talents d’organisateur et de vulgarisateur, François Arago a fortement marqué de son empreinte le développement scientifique du xixe siècle. Il fut aussi une figure de la politique, aux convictions républicaines affichées, qui milita pour le progrès technique et le progrès social… »

En février 1848, porté par l’acclamation populaire au gouvernement provisoire et chargé de diriger les ministères de la Marine et de la Guerre, il promulgue le décret abolissant l’esclavage dans les colonies françaises. Sa statue (œuvre d’Antonin Mercier ) trône au coeur de Perpignan, sur la place qui porte son nom. Baptisée « Arago » en 1876, elle a reçu la statue de François Arago trois ans plus tard…

Un boulevard parisien (dans le 13e arr.) porte le nom de François Arago qui a vécu vingt-cinq ans à l’Observatoire de Paris, dont il fut directeur.

Cujas, une statue à l’existence mouvementée

La statue de Cujas à Toulouse, a connu une existence mouvementée. Photo D.-R.

En 2018, la statue toulousaine de Jacques Cujas (1522-1590) entièrement nettoyée et restaurée par les services municipaux retrouvait sa place sur la place des Salins.

Réalisée en 1837 par Achille Valois, la sculpture avait été érigée en 1850 sur la place de la Viguerie – qui correspond à la partie sud de l’actuelle place du Salin – face à la Cour d’appel.

En 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, la statue a été fondue dans le programme de mobilisation des métaux non ferreux. Elle fut heureusement moulée par Henri Giscard, la nuit précédant sa destruction. L’Atelier de Restauration de la Mairie de Toulouse a pu ainsi fondre une nouvelle statue en bronze-résine en 1990. C’est celle que l’on peut désormais admirer dans le centre historique de la Ville Rose.

Cujas a notamment donné son nom  une rue de Paris (5e arr.) non loin de la faculté de Droit.

Fermat, entre Beaumont-de-Lomagne et Toulouse

La statue de Pierre de Fermat au Musée des Augustins. Photo Musée des Augustins – Daniel MARTIN

Pierre de Fermat (1601-1665) a lui aussi eu droit à sa rue parisienne, dans le 14e arrondissement. Mais c’est sa statue qui nous intéresse ici. Celle que l’on peut admirer au Musée des Augustins (actuellement fermé) réalisée en 1881 par Alexandre Falguière (déjà cité dans notre chapitre 3, à propos de la statue du poète Godolin).

Magistrat, c’est cependant par les mathématiques que Fermat va être considéré comme « l’un des génies de son temps. » Né à Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et-Garonne) il fait ses études à Toulouse, puis à Orléans.

Pierre de Fermat ne publie rien de son vivant et on connaît ses travaux à travers sa correspondance avec quelques-uns des plus grands scientifiques de son temps tels que Galilée, Descartes, Pascal ou Mersenne ! Ses travaux en analyses sont cependant admirés et sont les bases du calcul différentiel que reprendront un peu plus tard Newton et Leibniz… On lui doit aussi  l’un des problèmes les plus célèbres de l’histoire des mathématiques : La conjecture de Fermat.

Sa maison natale a été rénovée et propose aux scolaires comme au grand public des expositions, des jeux et des animations autour des mathématiques (lire à ce propos notre article). A proximité, une autre statue de Fermat (copie de celle des Augustins), devant laquelle s’est fait photographier Cédric Villani, parrain de la Maison de Fermat…

Philippe MOURET

Nos balade de statues en statues…

  • Chapitre 1 : Chaussez les bottes de D’Artagnan et en route pour le Gers. Lire la suite…
  • Chapitre 2 : Une playlist en bronze, de Toulouse à Montpellier. Lire la suite…
  • Chapitre 3 : Non, ils ne sont pas morts les poétes ! Lire la suite…