Toulouse : Impayés, mal-logement : la méthode gagnante d’une Scop

Quelque 50 000 logements sont vacants en Haute-Garonne, dont 23 271 à Toulouse intra muros, soit 8,2 % du total des logements (chiffres 2015) selon l'Insee. La Coopérative de l'Immobilier vise à faire converger les intérêts des propriétaires et des locataires. Photo : DR.

Après la réussite du modèle coopératif en matière bancaire, mutuelle santé et achats groupés, c’est au tour du secteur de l’immobilier de prendre un nouveau virage. La Coopérative de l’Immobilier, est la première agence immobilière en France gérée par et pour des propriétaires bailleurs privés. Elle rapproche bailleurs qui en ont marre des impayés et locataires qui ont du mal à se loger pour une formule gagnant-gagnant.

C’est une première en France. Dans le secteur l’immobilier, à Toulouse, la Coopérative de l’immobilier s’occupe déjà de la gestion de 50 appartements et maisons et en a déjà vendu huit en 18 mois. « Un démarrage honorable », qualifie son président, Vincent Borrel qui a eu une longue carrière dans le secteur de l’habitat intermédiaire. Cette coopérative se situe à un point de convergence inexploité jusqu’alors. Entre exigences de garanties des propriétaires et demandes croissantes des locataires. Il milite pour un « loyer juste pour tous ».

Quelque 23 000 logements vacants à Toulouse, 50 000 en Haute-Garonne

Toulouse bat des records en matière de logements vacants. Photo : DR.

Un constat : quelque 50 000 logements sont vacants en Haute-Garonne, dont 23 271 à Toulouse intra muros, soit 8,2 % du total des logements (chiffres 2015) selon l’Insee, l’institut de la statistique. Face à face, on trouve classiquement des propriétaires inquiets qui demandent de plus en plus de garanties aux locataires, de l’autre un nombre croissant de locataires en puissance qui n’en présentent pas suffisamment à leurs yeux. La Coopérative de l’immobilier propose, elle, une solution intelligente qui est aussi une réponse sociale.

Côté locataires, on va chercher la solvabilité le plus loin possible, en actionnant des dispositifs existants mais peu connus. »

Vincent Borrel, président.
Vincent Borrel, le président de la coopérative. Photo : DR.

« Côté locataires, on va chercher la solvabilité le plus loin possible », formule Vincent Borrel. C’est-à-dire qu’il peut actionner différents dispositifs existants peu connus – comme le fonds social – en faveur du futur locataire et constituer avec lui « un dossier complet béton » à présenter au propriétaire. Et donner également espoir à des publics pour lesquels louer un bien est un parcours du combattant : les personnes à faibles revenus, les personnes âgées, les handicapés, etc., bref des profils largement délaissés voire barrées par les agences traditionnelles. Et pas besoin de trafiquer son dossier pour devenir enfin éligibles…

Gagnant-Gagnant

Et, pour les propriétaires, plus besoin de rechercher sans arrêt un nouveau locataire après un défaut de paiement, un départ qui intervient en moyenne tous les 18 mois à Toulouse, contre 36 mois avec la formule visiblement gagnante de la Coopérative de l’immobilier. « Chez nous, l’idée c’est le gagnant-gagnant », dit Vincent Borrel. Les locataires trouvent enfin un toit. Car, sans un toit au-dessus de la tête, on ne peut rien faire. Pas même trouver un travail.

L’équipe de la Coopérative. Photo : DR.

L’autre avantage de cette coopérative immobilière, forte déjà de 20 associés coopérateurs, c’est de pouvoir proposer plusieurs garantie anti-défaut de paiement, « au moins quatre », à prix coûtant et adaptées à à peu près tous les cas de figure ; là où généralement, l’agence immobilière n’en a qu’une. « Le marché immobilier à Toulouse est très actif, précise Vincent Borrel. On s’est d’abord limités aux frontières de la Métropole mais déjà nous discutons avec Bayonne et Blois. » Pour l’heure, « nous n’avons pas de contact avec Montpellier« , l’autre capitale régionale, elle-aussi aux prises avec une problématique de logements vacants, puisqu’elle en compte 12 643, soit 7,8 % du total des logements (Insee, 2015).

Modèle coopératif à l’origine de réussites

Ce n’est pas tout. Le secteur de la location comprend plus de 40 % de locations en meublé (signe d’une recherche de défiscalisation sur le revenu foncier), une explosion de la colocation, et un délai de relocation deux fois supérieur à d’autres métropoles (64 jours-source Clameur). La hausse continuelle des loyers est une réponse à un problème de stratégie de location.

« Le modèle coopératif est à l’origine de bien des réussites avec 27,5 millions de sociétaires en France et 5.5 % de l’emploi en France (Panorama du site coop.fr 2018), souligne Vincent Borrel. De Super U au Crédit Mutuel en passant par Paysan Breton, Béghin Say, Yoplait, Bannette, Francine, Selectour, Delpeyrat, D’Aucy, Krys, Majuscule, Ethiquable, Moulin Roty, Best Western, Isigny… qui sont toutes des marques coopératives.

Olivier SCHLAMA

  • Mal-logement : 4 millions de personnes. Selon le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, si en France, « le marché de l’immobilier affiche une bonne santé générale, 4 millions de personnes restent mal logées ou privées de domicile tandis que 12 millions voient leur situation fragilisée par la crise du logement. Plus d’un cinquième de la population est ainsi concerné par un problème de logement » en France.
  • La Coopérative de l’Immobilier 19 rue Nicolas Bachelier – 31 000 Toulouse Tél : 05 61 23 60 87 Mobile : 0651531043. Mail : contact@coop-immo.fr. Site web : www.coop-immo.fr