Méditerranée en pale position : 50 éoliennes flottantes, concertation à tout vent

Cinquante moulins à vent flottants, au large du Golfe du Lion et de Paca, d’ici 2028 dans une zone de 3 300 km2, entre 15 km et 60 km au large. Tout le monde peut donner son avis en ligne ou lors de réunions ! L’État et RTE ont lancé la concertation, via la commission nationale de débat public. La décision sera prise – ou pas – en 2022, quelques semaines avant la présidentielle…

Des millions de personnes, 400 kilomètres de côtes concernées…C’est le débat du Golfe du Lion ; si par exemple il ressort du débat que beaucoup de gens sont contre l’Etat peut organiser un référendum ; il peut y avoir d’autres variantes d’ici la décision en mars prochain. Nous, nous argumentons ; on va au fond du sujet et la puissance publique décide, éclairée par ce débat. Mais, déjà, nous avons un indice de l’intérêt du public : 950 personnes qui répondent à un questionnaire en avril en avril alors que rien n’était lancé, c’est pas mal…” En Bretagne sud, 1 800 personnes avaient, par exemple, participé au débat au cours de 20 rencontres.

Faut-il ou non développer des éoliennes ?

Poussé à répondre à cette éventualité, Etienne Ballan est le président de la commission particulière du débat public – une instance souveraine et indépendante régulièrement saisie sur des grands projets – qui organise une concertation unique du 12 juillet à l’automne. Faut-il développer ou non des éoliennes flottantes en Méditerranée à une vingtaine de kilomètres des côtes ? C’est une première en Méditerranée ! Alors donnez votre avis ! (1).

Ces éoliennes seraient nécessaires pour s’affranchir des énergies fossiles. Ce n’est pas l’avis de centaines de pêcheurs, mobilisés en masse, le 19 juin dernier en Normandie et sur le littoral de la Manche, veille des régionales, contre l’installation de parcs éoliens en mer. Leurs homologues de Méditerranée dénonceront-ils, eux aussi, le coup de force de l’industrie éolienne offshore et la modification substantielle des écosystèmes marins aboutissant selon eux à une raréfaction du poisson ?

La dernière fois, c’était il y a une décennie, les maires des communes littorales, emmenés par Gilles D’Ettore, à Agde, s’étaient insurgés contre ces moulins dont les promesses n’étaient pour eux que du vent et qui auraient, selon eux, détruit tout l’attrait touristique d’une côte immaculée.

“C’est la possibilité de la mise en route d’une filière industrielle et une opportunité de développement pour les ports”

Voilà donc une “concertation très en amont”, comme l’a souligné Sophie Mourlon, directrice de l’Energie au ministère de l’Ecologie, avant que l’entreprise ou un groupement d’entreprises ne soient choisis pour les réaliser. “Nous sommes dans un contexte de la politique climatique de la France”, a-t-elle souligné. Un tel débat a déjà été organisé au large du Cottentin et en Bretagne Sud. “Il y a en Méditerranée un potentiel économique très important avec une présence industrielle très favorable (…) C’est aussi la possibilité de la mise en route d’une filière industrielle et une opportunité de développement pour les ports”.

Atteindre la neutralité carbone en 2050

L’objectif est ambitieux pour la France : “Atteindre la neutralité carbone en 2050, grâce au développement des énergies décarbonnées et renouvelables (…)”, a précisé Sophie Mourlon. L’idée, c’est de se doter, en Méditerranée, “de deux sites de production de 5 à 6 gigawatt d’ici 2028”. Soit une vingtaine d’éoliennes flottantes pour commencer avec deux parcs de 250 mégawatts chacun “avec plus tard” un doublement de cette capacité, soit “une centaine d’éoliennes flottantes en Méditerranée”. Dans le golfe du Lion, entre Perpignan et Marseille, et sur leur raccordement au réseau électrique. Avec près de 50 éoliennes par parc, à terme, le projet générerait 1,5 gigawatts d’électricité.

Écosystèmes, conflits d’usage, cohabitation

“Sans préjuger des questions qui seront posées par les participants au cours du débat”, la commission a identifié cinq thèmes à débattre au cours de son analyse de contexte, et ce : à partir de rencontres avec près de 100 acteurs et 1 000 réponses au questionnaire diffusé auprès du public en avril 2021. Ces questions posent les bases du débat.

“Faut-il faire ces parcs ? Faudrait-il ne pas les faire ? Comment on hiérarchise les objectifs à atteindre ? Y a-t il des projets alternatifs ? Si on décide d’y aller, cela nous engage pour longtemps”, a questionné Etienne Ballan. Le président de la commission particulière du débat public a ajouté que ce projet est découpé en cinq grands sujets dont l’environnement et les écosystèmes marins ; sur les utilisateurs de la mer et leur cohabitation ? Quels sont les conflits et la cohabitation d’usage à identifier ? Et aussi : comment marche les éoliennes flottantes ? La commission particulière du débat public est à l’écoute de tous (lire ci-dessous) Et tout un chacun peut y participer !

Olivier SCHLAMA

Une large concertation

Préparation et ouverture du débat. Le public est invité à partager ses questions à l’occasion des événements suivants : réunion en ligne sur le milieu marin du golfe du Lion (environnement, biodiversité, etc.) : le 5 juillet à 18 heures. Réunion en ligne sur la politique énergétique : le 7 juillet à 18 heures. Réunion d’ouverture du débat, en ligne, le 12 juillet à 18h00.

Débattre avec habitants et vacanciers. Sur les places, les plages, les marchés et les quais, lors de manifestations ou d’évènements, chacun pourra s’informer sur le projet, réagir aux différentes questions que pose le débat : entre le 12 juillet et le 6 août, le débat-mobile fera escale dans des villes du littoral, à la rencontre des résidents, des vacanciers et des acteurs du tourisme. Du 27 aout au 31 octobre, le débat-mobile s’installera dans les principales villes du territoire, pour quelques jours, et se déplacera dans différents quartiers et lieux publics.

Fin septembre, un panel de participants produira une première synthèse, et la présentera publiquement aux représentants de l’Etat et de RTE.

Le calendrier du débat EOS en Méditerranée a été bâti autour de deux périodes afin de toucher le maximum de public : la saison estivale en juillet-août et la rentrée en septembre-octobre. Il s’agit d’associer au débat les estivants (juillet-août) et les publics résidents à l’année, les scolaires, les étudiants, les acteurs du territoires (septembre-octobre) sur les 350 km de côtes méditerranéennes du golfe du Lion.

Les réunions prévues :

  • Saintes-Marie-de-la-Mer, le 12 juillet 2021, 9h30-13h30, place de la mairie
  • Martigues, le 16 juillet 2021,
  • Le Grau du Roi le 19 juillet 2021, de 10 heures à 16 heures
  • Saint-Cyprien, le 21 juillet, 10 h-16 h, Jardins de l’ancienne capitainerie
  • Le Barcarès, le 22 juillet, de 10 h à 16 h, stand office du tourisme et réunion de 18h à 19h30, salle Victor-Hugo (hôtel de Ville).
  • Leucate, le 23 juillet, stands de 10 h à 16 h
  • Arles, le 6 août
  • Sète le 4 août stand de 9 h à 20 h et réunion salle Tarbouriech de 18h à 19h30.
  • Agde, le 30 juillet, stand de 14h à 19h et réunion de proximité de 18h à 19h30
  • Valras-Plage, le 29 juillet stand de 14h à 19h.