Libération des camps il y a 75 ans : Rivesaltes, les Milles, terminus Auschwitz

Des montagnes de lunettes... Photos : DR.

27 janvier 1945- 27 janvier 2020 : 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau par l’armée soviétique.

Le temps s’écoule inexorablement. Il n’y a pratiquement plus de survivants du camp d’extermination nazi pour témoigner. Un million cinq cent mille juifs, tziganes et homosexuels sont morts(1). Plus de neuf cent mille juifs furent assassinés méthodiquement à Auschwitz, dans ce plus grand centre d’extermination industriel nazi.
En France, sur les 76 000 juifs déportés, 74000 le furent à Auschwitz. Le Sud de la france, n’a pas été épargné. Les actuelles régions Occitanie et région Sud avec la complicité de l’Etat, de sa police et gendarmerie livrèrent aux allemands près de 4 000 juifs français et étrangers, résidents, réfugiés, puis parqués dans les deux plus grands camps de concentration de la zone dite libre.

Au départ du camp de Rivesaltes(2), près de Perpignan, les convois représentèrent un total de 1 771 à 1 778 personnes juives déportées jusqu’à la fermeture du camp le 22 novembre 1942. Ils transitaient par Drancy avant d’être envoyés majoritairement vers Auschwitz.
Du mois d’août au mois de septembre 1942, le camps des Milles(3), près de Marseille voient la déportation via Drancy ou Rivesaltes de plus de 2 000 juifs, dont l’écrasante majorité eurent pour destination finale Auschwitz.

Les trains pour la mort étaient prioritaires

Chaussures… Photo : DR.

A peine arrivé, 90 % des déportés étaient tués dans des chambres à gaz. Près de 2 000 sonderkommandos, majoritairement juif, récupéraient les corps et les brûlaient pour ne pas laisser de traces. Ils étaient périodiquement eux aussi gazés. Quatre photographies prises par un de ces membres, Alberto Israel Errera, un juif grec, sont arrivées jusqu’à nous. Il s’évadera. Il sera repris, puis assassiné par les SS.

Après la guerre, David Olère (4), artiste, survivant juif des sonderkommandos d’Auschwitz fit des dessins pour témoigner.

Les convois de déportés parcoururent toute l’Europe

En 1942, Léon Bronchart, cheminot de Brive, refusa de conduire un train de déportés juifs et politiques. Il fut révoqué par la SNCF. Il entra dans la résistance. Arrêté par la Gestapo, il fut déporté au camp de Dora avec son fils. Léon Bronchart fut le seul cheminot connu en Europe à refuser de conduire des gens à la mort.

Le 27 janvier 1945, l’Armée rouge découvre Auschwitz-Birkenau. Ils filment et prennent des photographies de l’horreur. 75 ans après, la commémoration marque le crépuscule des survivants de l’horreur.

Fabien VIE

(1) Franciszek Piper,  »Auschwitz Concentration Camp, dans Michael Berenbaum et Abraham J. Peck (éditeurs), The Holocaust and History. The Known, the Unknown, the Disputed and the Reexamined, Indiana University Press, 1998, p. 378.

(2) Camp de Rivesaltes, Gérard Gobitz, Les Déportations de réfugiés de zone libre en 1942, Paris,  éd. L’Harmattan, 1997, 286 p.

(3) Camp des Milles, Robert Menchirini, Sylvie Orsini, Suzette Hazzan et JM Guillon, Provence Auschwitz, de l’internement des étrangers à la déportation des Juifs (1939-1944), PUF, 2008

(4) Un génocide en héritage, Alexandre Olère, éditions Wern, 1991
*Carte établie d’après Anne Grynberg, Les camps de la honte, Les internés juifs des camps français 1939-1944, La découverte, 1991, complétée par Dominique Natanson puis Fabien VIE.

Pour aller plus loin…

Livres
Si c’est un homme, Primo Levi
Le sable des urnes, Paul Ceylan
Le journal d’Anne Franck, Anne Franck
La destruction des juifs d’Europe, Raul Hilberg
Être sans destin, Imre Kertész

Documentaires
Shoah, Claude Lanzman
https://www.youtube.com/watch?v=AQchBiTB-x4
La police de Vichy, Laurent Joly et David Korn-Brzoza
http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/53999_1

Film
Le fils de Saul, Lázlo Nemès
https://www.youtube.com/watch?v=2M00zf2FYEc

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