Hérault : Hexis fabrique un film plastique efficace contre le covid-19

Hexis. Cette table est recouverte du fameux film plastique anti-covid-19Photo : Olivier SCHLAMA

Inventé en 2013, le film antimicrobien Pure Zone s’avère aussi efficace contre le covid-19. Les usages dans les lieux sensibles sont infinis. L’agrandissement de la société arrive à point nommé pour maintenir une production qui « explose » et dont le marché est « colossal ».

Fabricant d’adhésifs, leader européen dans son domaine, la société Hexis, basée à Frontignan (Hérault), vient de réceptionner une très bonne nouvelle : son film plastique baptisé Pure Zone, s’avère efficace contre les coronavirus, dont le covid-19. Ce sont des tests effectués par le laboratoire français UB’L3 de Bordeaux qui certifient son « action manifeste contre les charges virales de la souche responsable du Covid-19 ». Décidément, la société qui a fêté ses 30 ans en 2019, qui emploie 450 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 105 M€ a le vent en poupe. Il y a quelques semaines, le préfet de région en personnes s’y était déplacé pour confirmer une aide de 800 000 € pour un projet d’agrandissement de 3 M€ dans le cadre de la relance économique, comme Dis-Leur vous l’expliquait.

Ce film Pure zone existe depuis huit ans. Il est déjà éprouvé contre les microbes. Il l’est désormais contre le plus célèbre des virus. Le marché qui s’ouvre pour ce film spécial est « colossal », tant cette protection peut équiper de nombreux lieux sensibles demandant un haut degré d’hygiène : le milieu médical, certes, mais aussi les transports en commun, les salles de classe ; les restaurants, cafés et autres lieux touristiques ; les grandes surfaces, etc. Son utilisation est infinie.

« Avec l’humidité, ces ions d’argent réactifs sont activés… »

Les usages sont « multiples », confirment Christophe Inigo et Sébastien Machu, respectivement directeur commercial délégué export et directeur commercial France. « Nos films contiennent des ions d’argent encapsulés – qui ne sont pas des nanoparticules – dans une matrice de verre et répartis uniformément dans le film. Au contact de l’humidité, ces ions d’argent réactifs sont activés depuis la couche superficielle et vont rapidement bloquer et inhiber les microbes, limitant ainsi leur prolifération entre deux protocoles de nettoyage et de désinfection », soulignent-ils. « Actuellement, ce film est produit à Frontignan mais il peut l’être aussi dans notre seconde usine à Hagetmau, dans les Landes. »

Une invention qui ne doit rien au hasard

L’action de ce film peut « durer cinq ans mais cela dépend de l’usage. C’est comme pour une moto si vous roulez sur la route elle s’usera moins que si vous faites du motocross avec… » Christophe Inigo et Sébastien Machu expliquent que cette « invention ne doit rien au hasard. Michel Mateu, le créateur d’Hexis a deux frères, l’un chirurgien dentaire, le second chirurgien esthétique. Il a donc été très tôt sensible à la lutte contre les maladies nosocomiales dans les hôpitaux et les structures de soins. » D’où la mise au point de ce film antimicrobien « il y a déjà plusieurs années, en 2013 ».

Un marché « colossal »

Il y a de grandes chances que vous touchiez ce film un jour de vos propres doigts. Il équipe in petto des surfaces dans beaucoup d’endroits. Hexis ne le vend pas directement. Mais le cède à des « transformateurs qui transforment le produit et le posent chez leurs propres clients », précisent Christophe Inigo et Sébastien Machu. L’accès direct aux particuliers est donc actuellement « restreint ». « Cela dit, enchaînent les deux cadres d’Hexis, il n’y a pas forcément d’intérêt pour les particuliers à s’équiper s’ils sont amenés à fréquenter des lieux sensibles où ce film aura été posé. » Pour l’entreprise, leader dans son marché, cela représente un marché colossal », avouent Christophe Inigo et Sébastien Machu.

Les ventes de ce film ont même permis à la société de maintenir son chiffre d’affaires en 2020, « malgré l’effondrement par ailleurs du marché du covering. Sa production a explosé. C’est un produit refuge ». Et d’avenir. Pourra-t-on l’ajouter, d’une manière ou d’une autre sur un masque par exemple ? « Nos clients sont très créatifs mais nous préférons pour l’instant vendre ce film au métrage carré. »

Olivier SCHLAMA

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