Covid/Occitanie : « Le scénario catastrophe est sans doute écarté… »

Directeur de l’ARS Occitanie, Pierre Ricordeau a annoncé des chiffres en baisse, avec des disparités grandes entre les départements. L’agence, qui a été dotée de 800 000 tests, fait aussi le point sur le déploiement stratégique des tests antigéniques.

Ce n’est pas parce le niveau de la vague a baissé qu’elle a disparu. Et que le virus se sera évanoui. C’est en substance le propos du directeur de l’ARS (Agence régionale de l’hospitalisation) d’Occitanie, Pierre Ricordeau. « Le confinement commence à produire ses effets. Nous constatons une baisse de certains indicateurs mais ils restent encore très hauts. » Cette seconde vague, dont le pic semble être passé, est montée plus doucement que la première mais semble s’installer plus durablement. « Il semble que nous puissions sans doute écarter un scénario catastrophe, a-t-il encore confié, mais nous ne sommes qu’au milieu du chemin. Il ne faut pas que l’on relâche les efforts trop vite si on veut que l’épidémie ralentisse encore et que la pression sur les services de santé baisse. »

« Le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de cas positifs ramenés à la population et sur une durée de sept jours, a baissé ; même s’il faut prendre des précautions avec cet indicateur car il y a un biais : le nombre de dépistages est en réduction. Le taux moyen a baissé mais reste élevé : 150 cas pour 100 000 habitants sur une semaine. Ce qui est très au-dessus du seuil d’alerte. »

« Les nouvelles contaminations ont baissé de 30 %… »

« Les nouvelles contaminations ont baissé de 30 % sur une semaine », a encore révélé Pierre Ricordeau et « le taux de reproduction, le fameux « R » est descendu au-dessous de 1″, c’est-à-dire en dessous du seuil épidémiologique où une personne contamine moins d’une personne. « Mais en réanimation la décrue est faible et par ailleurs le taux de personnes positives est encore haut, de l’ordre de 13 %. Il y a des écarts très significatifs en fonction des départements : c’est encore très haut dans le Gard, la Lozère et les Hautes-Pyrénées, entre 17 % et 19 %. A l’inverse ce taux chute en dessous de 10 %, qui reste le seuil d’alerte maximal en Ariège, Aude et Pyrénées-Orientales. »

Dans les Ehpad la situation est encore alarmante : « Nous avons comptabilisé 210 cluster soit un cluster dans un quart des Ehpad d’Occitanie avec 165 morts en une semaine… »

Plus de 800 000 tests mis à disposition de l’ARS

D’où l’importance du dépistage au tournant de la seconde vague. Pascal Durand et Benoît Ricaut-Larose de la direction de premier recours à l’ARS Occitanie ont abordé cette question « cruciale ». « À ce jour et depuis fin août, on a effectué 1,6 million de tests. » Tous deux ont bien expliqué que les fameux tests antigéniques aux résultats plus rapides sont complémentaires des tests PCR traditionnels. C’est le même mode de dépistage mais un test antigénique révèle son résultat en 15 minutes.

Plus de 800 000 tests ont été mis à la disposition de l’ARS Occitanie. « Ce test nous sert principalement à des dépistages de masse organisés sous des barnums dédiés par exemple, pour des publics ciblés en partenairat avec des institutions, des collectivités, des Ehpad, des établissements médicaux-sociaux, dans des aéroports et des ports, les services d’urgence dans le public et le privé, les pompiers, les personnels de l’Education nationale, etc. Nous menons également avec la Croix Rouge et le conseil régional des opérations ciblées vers des publics en difficultés qui n’ont pas accès aux services de santé. On le fait dans le Gard, l’Hérault ou encore l’Ariège. » Les résultats de ces tests sont entrés dans une base de données pour que les pouvoirs publics connaissent la situation en temps réel.

Si le symptômes ont plus ou moins de quatre jours…

Benoit Ricaut-Larose précise, lui, que « si les symptômes ont plus de quatre jours, il faut obligatoirement opter pour un test RT-PCR traditionnel (180 000 ont été réalisés chaque semaine en novembre), par ailleurs « plus fiable ». Si les symptômes sont présents depuis quatre jours maximum, on peut faire un test antigénique, sauf pour les plus de 65 ans dont le résultat devra être confirmé par un test RT-PCR ». Combien coûtent les tests ?

Chers tests, de 34€ à 73 € pièce…

« C’est gratuit pour la personne qui se fait tester mais un test RT-PCR coûte 73 € pièce à l’Assurance maladie, en additionnant prélèvement, analyse, gestion administrative. Un test antigénénique est lui aussi gratuit pour le testé. On peut l’avoir sans ordonnance. Mais là aussi il coûte de l’argent à l’Assurance maladie : 34 € pièce, 54 € si l’on passe par un médecin puisque dans ce cas c’est le médecin qui décide de vous faire un test à l’issue de la visite médicale. »

Où peut-on se procurer un test antigénique ? « La nouveauté, c’est que votre médecin, votre pharmacien, une infirmière peuvent les faire et vous révéler son résultat. Parfois, on peut y avoir accès dans des lieux publics organisés pour cela. Et seront organisées des opération de dépistage sans rendez-vous. » Evidemment, si vous avez un test positif, il faut s’isoler et appeler son médecin.

Les spécialistes de l’ARS ont aussi expliqué que les tests salivaires sont en cours d’homologation auprès de la Haute autorité de santé.

Olivier SCHLAMA

La crise du covid avec Dis-Leur !