Confinement : Les Parisiens n’ont pas déferlé en Occitanie

Sète. Le centre-ville est engagé dans une vaste opération de réhabilitation et bénéficie des crédits de l'opération Coeur de ville. "Sète, disent les magistrates de la CRC d'Occitanie, a des marges de manoeuvre limitées à cause de l'endettement et de la pression fiscale. Mais les choses s'améliorent." Photo : Olivier SCHLAMA.

Une étude inédite de l’Insee a analysé les mouvements de population qui ont accompagné la mise en place du confinement en Occitanie. Connaître la population présente dans chaque département depuis la mise en place du confinement peut être crucial pour organiser la réponse sanitaire. Et le déconfinement.

Voilà qui tord le coup à un mythe… Quelque 17 % des Parisiens ont, certes, bien fui la capitale mi-mars au moment du confinement pour vivre ailleurs et plus agréablement ces semaines difficiles, notamment dans leurs maisons secondaires, comme dans le département de l’Yonne, proche de la capitale. Mais ils n’ont pas envahi l’Occitanie ! C’est Caroline Jamet, directrice de l’Insee Occitanie qui l’affirme, preuves à l’appui.

La chercheuse est claire : « Il n’y a pas eu de déplacement massif de Franciliens en Occitanie. Dans notre région, seuls deux départements ont vu leur population croitre de 6 % chacun : le Lot et le Gers. Ceci est principalement dû au retour d’étudiants depuis Toulouse chez eux ; on ne peut pas négliger dans ces deux départements où il y a pas mal de résidences secondaires un petit afflux de Parisiens. Mais c’est limité. » Caroline Jamet ajoute : « Dans notre synthèse, nous montrons aussi que quatre autres départements sont concernés par ce confinement. »

Fermeture des stations de ski, retour d’étudiants…

Caroline Jamet, directrice régionale de l’Insee. Photo : DR.

La baisse est de 9 % dans les Hautes-Pyrénées, de 4 % en Haute-Garonne, de 3 % dans les Pyrénées-Orientales et de 2 % dans l’Hérault. Cette baisse s’explique probablement essentiellement par la fermeture des stations de ski dans les deux départements pyrénéens – que sont devenus les travailleurs saisonniers ? – et par le départ de nombreux étudiants qui ont rejoint leur famille (y compris parmi eux des étudiants étrangers) « dans les deux autres, qui se caractérisent par une forte population étudiante du fait de l’offre universitaire et d’écoles d’enseignement supérieur à Toulouse et à Montpellier. Des travailleurs résidents dans d’autres départements ont pu aussi quitter Toulouse et Montpellier ».

Population confinée : 6,237 millions d’habitants (+ 5 %)

Au total, à l’annonce du confinement environ 130 000 résidents habituels d’Occitanie sont revenus s’installer dans la région, 125 000 résidant habituellement dans d’autres régions l’ont quittée, de même qu’environ 55 000 étrangers. Au total, la population confinée en Occitanie est estimée à 6 189 000 personnes, soit environ 5 % de plus que la population résidant habituellement dans la région (selon les estimations au 1er janvier 2020 faites à partir du recensement de la population).

Toutes les plages du littoral, ici au Grau d’Agde (Hérault) sont fermées jusqu’à nouvelle ordre. Photo : Olivier SCHLAMA

Avec la carte Sim, le calcul est rapide et certain. « Cela faisait longtemps que l’on cherchait à travailler les données de présence effective d’une population donnée à un moment et un endroit donnés. C’est chose faite, grâce à l’opérateur Orange. C’est très important de le savoir justement pour organiser l’offre de soins ou le ramassage des ordures et bien d’autres choses. Par exemple l’été sur le littoral, c’est une question primordiale pour les secours également. Jusque-là nous n’avions que des estimations, notamment empiriques sur les volumes d’ordures ménagères. Attention il n’y a pas de données individuelles. Nous avons utilisé des données agrégées. » Grâce aux données émises par le GPS des smartphones, on peut savoir si quelqu’un est dans tel département mais pas encore dans telle ville.

Connaître la population présente dans chaque département depuis la mise en place du confinement peut être crucial pour organiser la réponse sanitaire. En effet, ce concept de population présente est beaucoup plus adapté que la population résidant habituellement dans le département (concept sur lequel s’appuient traditionnellement les chiffres de population) dès lors qu’il s’agit de fournir des services, sanitaires par exemple, à l’ensemble de la population du territoire considéré. « La prochaine étape, confie Caroline Jamet, c’est d’avoir des données sur la présence de population non plus seulement par département mais au niveau des agglomérations pour un suivi plus précis. »