Tourisme : Delga espère davantage de touristes étrangers pour « taquiner Paca »

Premières assises Régionales du Tourisme et des Loisirs organisée à l'intiative de la Région Occitanie/Pyrénées Méditérannée en présence de la présidente Carole Delga. à Toulouse. Photo : Frédéric Scheiber.

Aider à la rénovation du tourisme social, créer une grande agence d’attractivité touristique, lancer des dispositifs de soutien à la compétitivé, créer de nouveaux Grands sites ; ou encore, un fonds d’investissement de 100 millions d’euros, un parc de loisirs, etc. Autant de projets d’un plan d’actions riche issu d’une large concertation dans les treize départements de la région. Mais qui ne serait rien sans la mise en place d’un nom-bannière couvrant toute l’Occitanie et capable d’être identifié à l’international et séduire davantage de touristes étrangers. C’est tout l’enjeu mis en lumière lors des Assises du tourisme, ce lundi 26 juin, à Toulouse.

Les noms affectés à la région sont souvent sujets à polémique ou encencés, rarement ils laissent les habitants de marbre. Le territoire n’aime pas tous les nouveaux noms de baptème ! On se souvient de l’inénarable Septimanie, l’invention renversante de Georges Frêche pour ce territoire qui était encore le Languedoc-Roussillon. Aussi Impérator fut-il, il dut le retirer devant le tollé général. Mais parfois le nom s’impose comme la marque ombrelle Sud de France. Qui ne se rappelle pas de son lancement timide et qui, aujourd’hui, n’a pas un seul opposant ? Un succès qui, désormais, intègre des produits et des savoirs-faire de l’ex-Midi-Pyrénées. Plus près de nous, il y a un an, quand il s’est agi de trouver un patronyme à la nouvelle région issue de la fusion de Midi-Pyrénées et de Languedoc-Roussillon, Occitanie n’était pas du tout du goût d’une partie des habitants des PO qui se définissent comme Catalans avant tout. Pour éviter toute vexation, même involontaire, on a accolé Pyrénées-Méditerranée à Occitanie.

Et voilà que maintenant perce une marque-bannière dont le nom est quasiment décidé comme l’a révélé Carole Delga ce lundi. Il se dessine comme tellement consensuel qu’il ne devrait pas y avoir d’opposition. Accessoirement, la présidente PS de la région Occitanie a révélé qu’elle partirait cet été en vacances notamment « dans les Pyrénées ».

Carole Delga. Photo : Olivier SCHLAMA.

Pour être plus visible de l’étranger et pour attirer davantage de touristes étrangers dont la fréquentation est en baisse depuis cinq ans. Car le tourisme est une économie majeure, c’est la deuxième industrie de la région devant le BTP et l’aéronautique : 14 milliards d’euros en consommation, soit 10% de PIB régional, 108 000 emplois et 1,42 milliard d’investissement.

« Dans la nouvelle marque qu’ils ont créée, la Côte d’Azur a ajouté le mot « France ». Nous allons en discuter mais je pense que Occitanie et Sud de France sont des termes qu’il faut conserver dans cette marque collective pour ne pas dire accoler. On est plutôt sur cela. Le nom sera choisi officiellement en juillet. Aujourd’hui, c’était la restitution en avant-première d’une étude faite par Atout France. » C’est Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie, qui s’exprime ainsi en marge des Assises du Tourisme, à Toulouse, auxquelles participaient plus de 900 acteurs de ce secteur si important pour la région. Elle a dévoilé un coin de la future marque qui chapeautera bientôt les treize département de ce vaste territoire.

« Occitanie suscite des réactions bienveillantes. C’est intéressant d’avoir aussi Sud et France… »

« A l’international, a-t-elle ajouté, on est sur le nom de territoire collectif. Pont du Gard, Languedoc, etc. vont continuer à exister mais à l’international il faut avoir un emblème, un nom qui sache fédérer. Et qui permette de nous situer. Car, lorsque vous êtes au Japon ou aux USA, c’est important d’avoir un nom-bannière collectif et, ensuite, sous cette bannière, continuer d’avoir d’autres appellations type Toulouse, Saint-Cyr-la-Popie, Montpellier, Nîmes, Pont du Gard, etc. L’appellation générique de la marque régionale ne va pas annuler tout me travail qui a été mené sur notre territoire.  »

Que va devenir Sud de France ? C’est la marque sur les produits de l’alimentaire et du vin et même  ça s’étend petit à petit : nous intégrons des produits de l’ex-Midi-Pyrénées. Sud de France, du point de vue de la destination touristique, je pense qu’il va falloir le maintenir. Ce qui est intéressant c’est que Occitanie a une bonne connotation et une bonne compréhension. Il a suscité des réactions bienveillantes. Mais c’est intéressant d’avoir aussi les termes Sud et France. » Et d’ajouter : « Aucune destination, à l’instar de Bordeaux, n’a une aura assez forte pour donner son nom à cette marque-bannière. » Vu les préférences de la présidente de région, il y a des chances pour que le nom finalement choisi comprenne les trois mots-clefs suivants : Occitanie, Sud et France…

« Dans le top 10 des régions européennes et taquiner Paca »

A travers cette marque, l’Occitanie veut « transmettre des valeurs : c’est la région de la qualité, de l’authenticité, etc. Ce travail-là doit être renforcé dans deux prochaines années pour améliorer la différenciation territoriale. Il faut que dans la masse des concurrents, on se fasse mieux repérer. Les savoirs-faire y auront toute leur place. A travers la gastronomie entre autres. Après, quand les touristes sont là, il faut un niveau de qualité en rapport. C’est pourquoi il faut allier innovation et qualité. »

Avec plan de bataille puissant pour la région Occitanie, 11e destination touristique en Europe, Carole Delga, a-t-elle l’ambition de dépasser l’intouchable Paca ? « Ce que l’on veut être c’est dans le top 10 des régions européennes d’ici 2021, répond-elle. Paca a une certaine avancée. Notre ambition c’est d’abord que le tourisme rapporte d’avantage. Il faut savoir que le touriste dépense moins en France qu’en Espagne… Dans tous les cas faut un chiffre d’affaires plus élevé et après pourquoi pas aller taquiner Paca… »

Auparavant, dans la salle Berlioz de la Région, à l’architecture très années pré-front populaire, massive et solide, Carole Delga avait lancé qu’il faudrait gagner 4 millions de nuitées en cinq ans, pour atteindre 55 millions de nuitées, soit davantage que… Paca. Très loin devant : l’Ile-de-France en vend, elle, 77, 7 millions, juste devant la Catalogne avec 72,7 millions de nuitées. Les Canaries sont champion toutes catégories des 15 premières régions européennes : 94,3 millions de nuitées par an. Les quatre nationalités les plus représentées dans la région sont : les Néerlandais, les Allemands, Belges et Britanniques.

Un grand parc de loisirs et 40 Grands sites

Parmi les autres innovations annoncées par Carole Delga dans le cadre du Schéma régional du tourisme et des loisirs, figure un fonds financier de 100 millions d’euros, avec la Banque publique d’investissement (BPI). Son but : permettre une montée en gamme des structures touristiques en leur apportant, via ce fonds, des garanties bancaires, dès 2018, ce qui « créera des emplois ».

Carole Delga a aussi mis l’accent sur la création d’un grand parc de loisirs, créateurs d’emplois et permet d’étendre l’activité sur les ailes des saisons. « Nous avons annoncé notre intention pour susciter l’intérêt des investisseurs européens. Nous avons rencontré les six grands noms dans ce domaine. Vu l’accroissement de la démographie régionale, le tourisme, nous présentons des atouts indéniables. Il n’y a pas de thématique précise. Ce projet pourra être financé à 100% par un investisseur. Après les collectivités devront créer les conditions d’accès à ce parc de loisirs.

Par ailleurs, aux actuels 26 Grands sites, Carole Delga a estimé que l’on pourrait en ajouter 14 de plus pour porter leur nombre à 40 sur l’ensemble du territoire. Certains sont dans les starting-blocks ! Nous avons lancé un appel à candidatures pour le 30 septembre prochain et un second pour le 31 décembre 2017.

Enfin, Carole Delga a rappelé tout son soutien au dossier de candidature de la ville de Nîmes pour être labellisée par l’Unesco. « Cette ville est dans une dynamique plus avancée que Toulouse qui cependant a trouvé son « angle » : les hôtels de pouvoir », a-t-elle révélé. La région compte huit sites classés à l’Unesco. Et première région pour la clientèle française. La dépense touristique moyenne est de 48 euros par nuit et par personne, une destination populaire qui entend monter en qualité et en gamme.

De Toulouse, Olivier SCHLAMA