La Terre vue d’en haut… anecdotes

400 km de vide sous les pieds, ça vous dit ? (Photo : Thomas Pesquet-Mission Proxima-Cnes-Esa)

Tourner autour de la Terre -et a fortiori explorer la Lune- demeure un privilège. A ce jour, 553 personnes, dont une cinquantaine de femmes, ont « fait le voyage ». Parmi eux, douze Américains ont marché sur la Lune, entre 1969 et 1972.

Alan Shepard a été le premier millionnaire (en dollars) à poser le pied sur la Lune, lors de la mission Apollo-14. Premier Américain dans l’espace le 15 mai 1961, il a même été le premier employé du gouvernement à jouer durant ses heures de travail, qui plus est, en direct à la télévision ! Golfeur invétéré, comme beaucoup d’Américains, il avait emporté avec lui quatre balles, qu’il a propulsées en se servant d’un outil destiné à la collecte d’échantillons géologiques. Selon les estimations de la NASA, les petites sphères ont dû effectuer un vol de 3 à 5 km, en raison de la faible gravité lunaire (1/6e de celle de la Terre). Shepard détient ainsi le record du drive le plus long de l’histoire du golf.

« Ça sent le brûlé. » Roger Chaffee, le « bleu » de l’équipage d’Apollo-1, fait cette remarque à ses deux vétérans de compagnons, Virgil Grissom et Ed White. Nous sommes le 27 janvier 1967, lors d’une répétition pour le vol inaugural de la nouvelle capsule, qui propulsera les Américains vers la Lune. Sous la couchette de White, deux fils électriques mal isolés ont créé un court-circuit, dont l’étincelle a enflammé l’atmosphère d’oxygène pur de la cabine. Selon l’enquête interne de la NASA, il fallait plus de deux minutes pour ouvrir la porte de la capsule avant d’extraire les trois astronautes. Ils sont morts asphyxiés, avant d’être incinérés partiellement dans cet enfer.

Selon certains historiens de la conquête spatiale, les Américains auraient dépensé des centaines de milliers de dollars pour inventer un stylo qui puisse fonctionner en apesanteur. J’en ai un dans mon bureau. Jean-Loup Chrétien et Patrick Baudry, les deux premiers spationautes français et européens, ont constaté que leurs collègues soviétiques utilisaient simplement des… crayons à papier.

Claudie Haigneré … Photo Cnes-Agence TASS

Claudie Haigneré, la « cosmonette » française, est la première femme à avoir reçu son diplôme de commandant de bord d’un vaisseau russe Soyuz. Elle a été la première astronaute française à voler à bord de la Station spatiale internationale (ISS), Claudie Haigneré, ingénieur de bord numéro 1, a réalisé un programme expérimental dans les domaines de l’observation de la terre, l’étude de la ionosphère, des sciences de la vie ainsi que des sciences de la matière.

Parmi les sept premiers astronautes américains, Gordon Cooper a été l’astronaute du programme Mercury qui a volé le plus haut, le plus loin et le plus longtemps. Deux ans plus tard, en rentrant de sa seconde mission spatiale, à bord de la cabine Gemini-5, il a eu ce mot en respirant enfin l’air terrestre après 8 jours autour de la Terre : « J’ai l’impression de sortir d’un sac poubelle. »

Harrison Schmidt a été le premier scientifique -il est géologue- à explorer la Lune. Outre ses chutes spectaculaires, qui lui ont valu quelques sonores remontrances du très raide commandant de bord d’Apollo-17, Gene Cernan, il n’a pas hésité à pousser la chansonnette durant l’une de ses sorties lunaires, tout en sautillant dans la poussière dont son scaphandre était couvert : « I was running on the Moon one day »

Edgar Mitchell, pilote du module lunaire d’Apollo-14, a eu ces mots en contemplant la Terre : « Depuis la Lune, la politique internationale semble si pitoyable. Vous avez envie de prendre un politicien par la peau du dos, l’emporter à un quart de million de milles de là et lui dire : « Regarde ça, fils de p… ! »

Lire notamment « Le rêve spatial inachevé », Patrick Baudry et Philippe Dagneaux, préface d’Yves Coppens, éditions Tallandier, 2001.
« Le rêve et l’espace », Patrick Baudry et Philippe Dagneaux, éditions du Chêne, 2002.
« Le Soleil – Splendeur et fascination », Philippe Dagneaux, éditions du Chêne, 2003.