Sète : la préfecture de l’Hérault ferme une mosquée

La mosquée désormais fermée de la rue Révolution, à Sète.

Le ministre de l’Intérieur a fait jouer la loi sur l’état d’urgence permettant la fermeture des lieux de culte au sein desquels sont tenus des propos constituant une provocation à la haine ou à la violence ou une provocation à la commission d’actes de terrorisme.

La mosquée du centre-ville de Sète (Hérault), située rue Révolution, a fait l’objet d’une fermeture administrative définitive de la part de la préfecture de l’Hérault. Celle de l’île de Thau n’est, elle, pas concernée par cette mesure rare inspiré par la loi sur l’état d’urgence.

Des documents d’inspiration salafistes, appelant au jihad armé ont été retrouvés lors d’une perquisition la semaine dernière. Le maire, François Commneihes confirme l’information. Le préfet quant, à lui, n’était pas joignable. Et ne devrait pas l’être, invoquant dans un second temps « la période de réserve électorale ».

La mosquée avait été perquisitionnée le 30 mars sur la foi d’un signalement du service départemental du renseignement territorial de l’Hérault (ex-RG). Les enquêteurs étaient repartis avec un ordinateur et avaient auditionné au commissariat le président de l’association cultuelle et l’imam. Les interrogatoires  qui ont été menés depuis ont cherché à en savoir davantage sur un Sétois, interpellé il y a quelques semaines pour terrorisme supposé à Sète. Il serait également considéré comme le prédicateur qui avait influencé un autre Sétois arrêté pour terrorisme mi-février dernier dans la commune voisine de Marseillan. Les deux suspects sont soupçonnés de planifier un attentat.

Finalement, Matthias Fekl, le ministre de l’Intérieur a publié  un communiqué ce matin confirmant que ses services ont  fait procéder hier à la » fermeture administrative d’une mosquée de l’Hérault en région Occitanie. Cette fermeture est justifiée sur le fondement des dispositions de l’article 8 de la loi sur l’état d’urgence, permettant la fermeture des lieux de réunion de toute nature et en particulier des lieux de culte au sein desquels sont tenus des propos constituant une provocation à la haine ou à la violence ou une provocation à la commission d’actes de terrorisme ou faisant l’apologie de tels actes. Cette décision a été prise et notifiée, comme la loi le prévoit, par le préfet de police de l’Hérault, elle prend effet immédiatement. »

L’arrêté préfectoral placardé sur la porte d’entrée.

Et de justifier : « Le responsable de cette mosquée prônait une idéologie radicale appelant à la discrimination, à la haine ainsi qu’à l’animosité à l’égard des autres. Tendant à rejeter l’autorité de l’Etat, la laïcité et la démocratie, il véhiculait ainsi un message contraire aux valeurs de la République et susceptible de constituer le terreau d’atteintes à la sécurité et à l’ordre publics. »

Enfin, « La mosquée constituait également un lieu de rencontre régulier pour des fidèles connus pour leur radicalisation et leur proximité avec des personnes prônant le djihad armé sur le territoire national et cherchant à rejoindre la zone irako-syrienne. Certains d’entre eux ont ainsi été récemment mis en examen pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. »

Olivier SCHLAMA