Toulouse : Des motards inventent une application qui sauve des vies

Des Toulousains ont créé un service gratuit pour sauver des vies au guidon. Photo DR

Née il y a moins d’un an, l’application pour smartphone, Liberty Rider, créée par de jeunes Toulousains, vient de décrocher le prix national de la Sécurité routière.

Les virolos, c’est rigolo. Mais beaucoup moins quand l’un d’eux cache un tapis de gravillons, une série de fondrières et autres enfilade de pièges cachés pour deux-roues. Quand le motard chute, c’est grave. Et il est souvent seul. Dans ces conditions, appeler les secours est une gageure.  C’est de cette réflexion intime qu’est née dans l’idée de créer Liberty rider, une application gratuite à télécharger sur son smartphone.

Ravi d’avoir reçu le prix national de la Sécurité routière le 1er mars dernier, Emmanuel Petit, 28 ans, qui a fait une école de commerce, l’avoue : »J’ai eu le déclic, un jour, sur des petites route de l’arrière-pays où je ne croisais personne. » Deux-tiers des accidents de moto se font en rase-campagne. Et une prise en charge en une heure par les secours et c’est 80% de chances de survie. Soixante mille téléchargement plus tard, ces anges-gardiens des deux roues explique que l’application fonctionne grâce à l’accéléromètre et le GPS du smartphone.

Après que le motard l’a activée sur son téléphone, un algorithme peut alors détecter automatiquement la perte soudaine et trop rapide de vitesse pouvant signifier une chute ou un accident. » A ce moment-là, le motard reçoit un appel déclenché automatiquement par le système sur son téléphone. S’il ne répond pas, l’application – qui doit être lancée avant de prendre le guidon- appelle les secours. Via un lien, un proche peut même suivre votre trajet et être alerté quand vous arrivez à destination.

Des services payants à venir mais la détection d’accidents restera toujours gratuite

A ce jour, « une vingtaine de situation apparentée à des accidents ont été détectées par l’application. Mais les secours n’ont pas eu à intervenir. La phase d’alerte ayant suffi. Un seul cas de décès a dû être déploré début mars. » Résultat, plus de 60 000 utilisateurs en font la première application du genre en France avec un taux de croissance de 9% par semaine ! « La détection des accidents restera toujours gratuite mais nous avons le projet de développer des fonctions payantes », confie encore Emmanuel Petit, cofondateur qui emploie quatorze salariés à plein temps dans cette start-up.

Exemples : l’organisation de balades à plusieurs à motos à partir des réseaux sociaux avec le jour J la description, en direct, des problèmes que l’on va rencontrer sur le trajet ; une possibilité d’optimisation de la sécurité passive via l’entretien périodique de l’engin : plus besoin de penser à telle révision, majeure ou pas. L’application qui enregistre le nombre de kilomètres le fera à votre place. Autre idée à développer : « Nous disposons d’un panel de statistiques phénoménal sur les virages, l’état de la route, la vitesse moyenne, etc. On peut imaginer comme sur le modèle d’autres applications pour voitures comme Waze qu’il y ait des commentaires interactifs, etc. » poursuit Emmanuel Petit. En 2018, l’application, qui a de nombreux partenaires (Mutuelles des Motards, Moto Blues…) couvrira l’Europe.

OLIVIER SCHLAMA

  • Liberty Rider est aussi lauréat, dans sa catégorie, des Trophées des Services innovants (ex Fête des Services) organisés par un collectif d’entreprises (EY, BNP Paribas, MAIF, Le Groupe La Poste, CNP Assurances, BPI France, AFNOR Groupe, l’AFRC, Widoobiz, Cap Digital, Fly The Nest, Paris Région Entreprises), conduit par WikiPME,  communauté numérique et solidaire des entrepreneurs de France, dans l’objectif de valoriser les entrepreneurs disruptifs en France.
  • http://www.liberty-rider.com/#presentation