Répulsifs : Les produits vraiment efficaces !

L'EID Méditerranée avec l'Agence nationale pour la démoustication teste des pièges à moustiques tigre. Photo : Dominique QUET. MAXPPP.

Les moustiquaires se retendent de plus en plus au-dessus des lits. Comme jadis. La solution, connue et éprouvée, revient à la mode à grands pas, proportionnellement à l’invasion grandissante de ces insectes. Mais, par définition, elle est limitée à la chambre à coucher ou, mieux, aux fenêtres de son logement, ce qui est une solution extrême. D’autres possibilités, moins gênantes, existent pour se prémunir de cet insecte. Mais il faut savoir bien les choisir ! Le point avec l’un des plus grands spécialistes français, Frédéric Simard, responsable du Vectopôle de l’IRD (Institut recherche et développement), à Montpellier.

« D’abord, explique Frédéric Simard, responsable de la recherche sur le moustique à l’IRD, pour éviter d’offrir le gîte et le couvert au moustique et au moustique tigre, on pourra se procurer à nouveau bientôt du BTI (bacillus thuringiensis israelensis). Son action, efficace, est cependant limitée, agissant seulement sur les larves ». D’où son intérêt, en prévention, à en mettre en pastilles dans des bassins – le vider de ses éventuels poissons… – des réservoirs d’eau, etc. Quand il sera de nouveau autorisé par l’Europe qui l’avait suspendu plusieurs années pour une sombre raison d’étiquetage non conforme aux canons administratifs.

Frédéric Simard bat en brêche, ensuite, une nouveauté très à la mode : l’installation de machines-pièges diffusant du CO2, du gaz carbonique, qui attire le moustique comme une abeille sur du miel. « C’est très à la mode. Mais, en réalité, il y a un vrai bizness autour de cette fausse bonne solution », confie Frédéric Simard. D’abord, on attire chez soi les moustiques du voisin voire du quartier à 200 mètres à 300 mètres à la ronde… Et il faudrait dix de ces coûteux pièges chez soi pour former une barrière efficace pour une seule personne ; or, si on en a un pour dix personnes, ce n’est pas une bonne idée qui, en plus, pollue : c’est un gaz à effet de serre : 24 heures avec ce genre d’appareil allumé, c’est comme si on faisait un aller-retour eu Allemagne en avion ! »

Seules quatre molécules sont efficaces, dont IR 3535. Photo : Olivier SCHLAMA

Le spécialiste fustige tout un ensemble de solutions plus inutiles les unes que les autres, sans y aller par quatre chemins : « Les applications pour smartphone qui, soit disant, diffusent des ultrasons, entre autres, c’est une arnaque. ça ne repousse en rien le moustique ! » Idem, selon lui, les bracelets colorés ou non imprégnés d’un produit qui n’est en rien répulsif. Même la citronnelle n’a pas grâce à ses yeux : « Il en faudrait des tonnes pour éloigner ces insectes ; avec deux ou trois plans ça attire même le moustique… » Les serpentins et autres tortillons, sorte de fumigène que l’on fait brûler, notamment pour que le moustique tigre, surnommé moustique de l’apéritif, nous laisse boire le pastis tranquille… ? « On sait rarement ce qu’il y a dedans. C’est souvent fabriqué en Asie… Ce produit peut parfois marcher. Mais c’est toxique pour les humains… »

En réalité, « seules quatre molécules fonctionnent : la DEET, l’IR 3535, l’icaridine et le citridiol. Il faut juste qu’au moins l’une de ces molécules entre dans la composition des sprays vendus en pharmacie. Ne pas se fier à d’autres molécules soit disant efficaces ni à des noms commerciaux bien tentants. »

Olivier SCHLAMA