Margot, 25 ans, ballon au pied, l’emploi en tête

A Toulouse, Pôle emploi et le TFC, unis dans une convention, expérimentent une première en France aider des footballeurs à trouver un emploi.

Balle au pied, but en tête. Passionnée de football, Margot Robinne a 25 ans. Elle ne compte pas arrêter sa carrière avant cinq ans. L’attaquante marque des dizaines de buts avec son équipe de 2e division du TFC, club historique de Toulouse. Mais aimerait être tout aussi performante sur le marché du travail.

Ses primes de matches ne font pas bouillir la marmite. Pourtant titulaire d’un master en management et marketing du sport, Margot, qui a débarqué de Rouen la saison passée, ne trouve pas d’employeur, handicapée par sa prenante carrière. « Pour les sportifs, dit-elle, hors équipe de France, c’est difficile de trouver un job adapté à nos contraintes : on s’entraîne souvent. Il faut donc être libre à partir de 19h. Quant aux week-end, on joue parfois loin… »

C’est là qu’intervient une innovation à laquelle bizarrement personne n’avait pensé : une convention, signée en novembre 2015, entre Pôle emploi et son club lui a permis de trouver un boulot, agent administratif à… Pôle emploi.

Margot Robinne est l’une des toutes premières à bénéficier de ce dispositif unique en France. « On y bénéficie d’un soutien très personnalisé avec un conseiller Pôle emploi dédié. » La jeune attaquante souhaite à terme intégrer une structure sportive pour s’occuper de communication, de marketing ou d’événementiel.

« A ce jour, une quinzaine de jeunes ont bénéficié de ce dispositif », confie Anouar Krouk, directeur de l’agence Pôle emploi de Toulouse Saint-Michel, en charge de ces sportifs aidés. Il y a par exemple, Seïti Touré, 21 ans, milieu de terrain, international espoir Guinéen. Arrivé au TFC à 13 ans, en provenance du TAC, il est présent souvent au sein du groupe professionnel, faisant même des apparitions en Ligue 1.

Educateur, commerciale… Déjà quatre de ces sportifs ont trouvé un travail. Il n’y a pas que la recherche d’un job pour ces ex-futurs espoirs du ballon rond. « Nous nous occupons de la recherche d’emploi, de l’orientation mais également, de la réorientation professionnelle, se posant régulièrement aux joueurs ou salariés, précise Anouar Krouk. Hors démarches de recrutement, nous accompagnons des joueurs lors de leur fin de contrat. »

Ce n’est pas tout : « Sont aussi concernés, ajoute le directeur d’agence due Pôle emploi à Toulouse, les joueurs du centre de formation concernés qui, à l’issue de leur formation sportive et pédagogique, n’ont pas trouvé de contrat professionnel ou de convention de formation dans un centre de formation agréée, les joueuses des équipes féminines, donc, quel que soit leur statut, demandeurs d’emploi, salariées ou étudiantes ; les joueurs professionnels en fin de carrière ; les salariés administratifs du club ; les éducateurs sportifs du club.

Duplicable dans d’autres sports

La réussite de ce partenariat risque rapidement de faire florès. « Avec cette convention, nous avons créé un pôle d’accompagnement sportif, confie encore Anouar Krouk. La fédération de rugby est venue vers nous pour voir ce que l’on peur faire ensemble pour ses joueurs qui ne perceront pas ou en fin de carrière. Clubs de rugby et fédération sont bien sûr structurés ; ils proposent des formations dans le métiers du sport mais évidemment hors ce champ, ils n’ont rien. Nous on est même capable d’aller voir dans tous les domaines, y compris s’il le faut dénicher quelque chose d’intéressant dans l’industrie. Notre force, à Pôle emploi, c’est d’arriver à s’adapter aux besoins. On peut même le faire quand un jour est dans la précarité et la réflexion entre deux clubs. Les compétences des sportifs – rigueur, assiduité, respect, endurance, etc.- sont très prisées en entreprises.  » Il dit : « Le potentiel d’accompagnement est infini. »

OLIVIER SCHLAMA