L’entretien : Cécile Bois est Candice Renoir sur France 2

© Fabien Malot

Projection de deux nouveaux épisodes sur France 2 (à partir de 20h55), vendredi 5 mai, pour la série-phare. Depuis 2013, elle incarne une commissaire de police dans la série « Candice Renoir », tournée à Sète, dans l’Hérault. Très présente à la télévision, mais aussi au cinéma et au théâtre, Cécile Bois nous avait confié ses projets et ses envies à la fin du tournage de la saison 5…

Après le final explosif de la saison 4, que pouvez-vous nous dire sur la saison 5 ?

On repart sur une certaine légèreté, un ton beaucoup plus comédie. Cependant, le drame de la saison précédente va représenter un « placard » que Candice va ouvrir régulièrement. Ou plutôt, un placard qui va se présenter à elle à maintes reprises, tout au long de cette nouvelle saison. Finalement, c’est sous la protection du registre comique qu’elle va cacher à son entourage qu’elle n’est pas au top comme elle voudrait l’être, ni comme elle voudrait que le monde la voit. La saison 4 était une sorte de passage, une transition qui lui permettra de régler tous les problèmes qu’elle avait. C’était une conclusion et la saison 5 est en semence, c’est la renaissance.

Par rapport à l’évolution du récit, quelle est votre part personnelle dans la construction du personnage de Candice Renoir ?

À l’ origine, j’aime bien me baser sur l’idée des autres… Si vraiment  j’ai une idée très particulière qui rajoutera une singularité à l’histoire ou à la scène, je la soumets. Mais, en général, j’aime bien qu’on me fasse des propositions. Après, une fois sur le plateau, je peux jouer l’inverse de ce qui est écrit. Et maintenant que la direction artistique me connaît, que les réalisateur connaissent la série, on me laisse faire avec confiance. Ce qui ponctue le récit de temps en temps, mais ça reste tout de même assez rare.

Avez-vous des souhaits pour la suite ?

Continuer de m’amuser comme je m’amuse ! C’est le seul vrai souhait que je puisse émettre !

© Fabien Malot

Qu’en est-il entre l’envie de continuer à fonder un personnage mythique de la télévision ou au contraire le désir de se libérer du carcan de Candice Renoir ?

C’est une question que je me pose à peu près tous les jours avec chaque jour une nouvelle réponse. Quitte à choisir un personnage récurrent dans le milieu audiovisuel français, ce serait Candice sans aucune hésitation. Cette récurrence a un avantage, c’est celui d’avoir l’impression de faire un travail théâtral avec elle. Au fil des épisodes, je peux lui offrir une évolution, ce qu’on ne peut pas faire sur un unitaire. Maintenant, s’enfermer dans un personnage reste un risque permanent et je ne sais pas réellement quoi en faire, car ce n’est pas moi qui m’enferme mais le regard des autres. Faute de pouvoir le maîtriser, je peux en revanche l’encourager à me visualiser autrement, en multipliant des projets différents. Si je le fais, c’est juste pour le regard des autres parce que, en tant que comédienne et au point de vue du jeu, le personnage de Candice est tellement complexe que, quand on aime jouer, on y trouve vraiment son compte. J’exerce ailleurs pour offrir autre chose au public, mais pas par ce que je ressens une frustration vis-à-vis de Candice Renoir.

L’après Candice est une pensée qui vous stimule ou vous effraie ?

J’essaie de dépasser la peur de l’enfermement, sinon je ne vis pas. Le but est de garder Candice comme amie et non pas comme une ennemie. L’idée que ça s’arrête ne me déplaît pas. Il y a des avantages au fait que la série prenne fin. C’est forcément un saut vers l’inconnu mais, heureusement, j’ai une vie personnelle assez dense et Candice reste une fonction. J’aime suffisamment ma vie à coté pour ne pas me morfondre si je n’ai plus rien après. Et, il n’y aura pas rien, puisqu’il y a tout, il y a ma vie.

On vous a vu en 2014 dans « Richelieu, la Pourpre et le Sang » où vous incarnez Anne d’Autriche et, en 2015, dans « Envers et contre tous ». Ces tournages hors Candice Renoir sont-ils pour vous une respiration et une façon de préparer l’après Candice ?

Sur le papier, on peut dire que c’est une façon de préparer l’après-Candice. Mais, il se trouve que ce n’est pas vraiment « l’après », c’est plutôt le « pendant ». C’est une expérience différente, une remise en danger aussi car, c’est une autre équipe donc j’ai tout à prouver notamment le fait que je suis comédienne et non uniquement Candice. C’est un défi difficile de sortir des pantoufles de Candice et des pantoufles du cadre de Candice qui depuis cinq ans est devenu très privilégié. C’est également un rappel de nos métiers où on doit se mettre dans une situation à nouveau inconfortable pour petit à petit la ramener à soi et la rendre familière.

Avez-vous d’autres projets en cours ?

Je vais tourner dans « Meurtre à Sarlat » avec Thierry Godard. C’est en grande partie le nom de Thierry qui m’a donné envie de participer à ce projet. J’avais d’autre projet pour cette année dont un qui est annulé et deux autres qui sont reportés. Je ne manque pas d’activités.

© Fabien Malot

On vous a beaucoup vu au théâtre avec 130 représentations à votre actif. Avez-vous envie d’aller vers des rôles plus dramatique ou même revenir au monde du théâtre ?

C’est quelque chose qui me plairait en effet mais pas tant que je fais Candice. Le théâtre demande du temps. Et, le temps libre dont je bénéficie, je le consacre à ma famille ou à des projets plus rapides. Comme je le disais, tout ce qui est en relation avec ma vie professionnelle reste une fonction et je veux aussi prendre soin de ma vie personnelle

Votre compagnon Jean-Pierre Michael est lui aussi comédien, il est d’ailleurs venu sur Candice dans la saison 2. Aimeriez-vous à nouveau partager l’affiche avec lui ?

J’adorerai partager l’affiche avec lui… Dans une comédie romantique !

Pour finir, vous êtes marraine de l’association Animaux sans foyer. Pourquoi est-ce un sujet qui vous tient particulièrement à cœur ?

Quand on prend un animal, il faut considérer que ce n’est pas un objet de décoration. Il n’est pas question d’aimer les animaux et non les Hommes. On peut aimer les deux dans le sens où ce n’est pas par choix de valorisation que je suis marraine mais par ce que prendre soin d’un animal c’est prendre soin d’une société. Les drames que je vois à travers cette association est à l’image de ce qu’on se fait subir et de ce qu’on vit, nous, dans notre quotidien. J’ai envie de dire, et non pas seulement pour les animaux, mais en règle générale dans cette atmosphère actuelle très anxiogène : Prenons soin.

Propos recueillis par Norma MOURET