Innov’Action : avec ceux qui labourent le terrain de l’agriculture

Innov'Action à Saint-Cézaire-de-Gauzignan (Gard), un public de jeunes agriculteurs très attentifs...

Innov’Action est un événement annuel organisé par les Chambres d’agriculture pour découvrir les innovations des agriculteurs autour d’une triple ambition : sociale, économique et environnementale.

Pendant une série de portes ouvertes, des agriculteurs présentent leurs pratiques innovantes à d’autres agriculteurs, directement sur leur exploitation. En 2017, de nombreuses régions ont reconduit l’événement sur deux périodes, d’abord aux beaux jours et les prochaines en automne…

« Créer une dynamique sur les territoires » pour la première économie d’Occitanie

Diffuser les innovations mises en oeuvre sur les exploitations agricoles, valoriser la collaboration entre agriculteurs et conseillers, favoriser le transfert de pratiques entre agriculteurs et créer un dynamique sur les territoires… Vaste programme ! Mais une ambition assumée par les Chambres d’Agriculture, comme l’explique Pierre Goulard, responsable pour l’Occitanie…

« Je pense que ces journées Innov’Action apportent un regard neuf et un peu de recul par rapport au métier et à ses obligations. C’est un vrai partage d’expérience, le témoignage de ce qui marche et, aussi, de ce qui ne marche pas. Il ne s’agit pas que de technique, on aborde aussi les questions humaines et organisationnelles. Et cela permet aussi de replacer l’agriculture dans un contexte plus général. Celui du nouveau périmètre régional, par exemple… » Et de rappeler que « L’Agriculture, c’est le premier secteur économique de l’Occitanie, avant le tourisme et l’aéronautique, il commence à y avoir une vraie prise de conscience à ce sujet… »  Avec plus de 78 300 exploitations, l’Occitanie est en effet la deuxième région agricole de France, pour près de 165 000 emplois et 21,5 milliards de chiffre d’affaires. Avec notamment le plus grand vignoble mondial et la première région ovine de France…

Cristian Puel et son drone, à Lavaur dans le Tarn

En matière de technologie, d’innovation, d’approche environnementale, les agriculteurs sont non seulement en prmeière ligne, mais concernés au premier chef. « Alors que persiste parfois un regard accusateur chez certains, les agriculteurs sont les premiers concernés et les premiers défenseurs de l’environnement« , souligne Pierre Goulard… « J’ai d’abord travaillé le poste produit phytosanitaire par l’achat d’un adoucisseur d’eau en 2000 ce qui m’a permis de réduire les doses de 50% en moyenne. Depuis cette année l’exploitation est équipée d’une station météo pour optimiser l’efficience des traitements par la mesure de l’hygrométrie, la vitesse du vent et la température », explique Boris Rouquet, qui exploite 250 hectares dans la vallée de l’Ariège.

L’école d’ingénieurs de Purpan (INP Purpan, Haute-Garonne) possède sa propre exploitation depuis 1919, désormais sur le Domaine de Lamothe (depuis 1973). Avec une double vocation : d’abord un outil pédagogique où les étudiants ingénieurs de l’Ecole découvrent le métier d’agriculteur, les techniques, l’organisation et la gestion d’une exploitation, mais aussi un deuxième axe, lié à l’expérimentation et la recherche… Dans cette perspective, l’exploitation de l’INP Purpan doit rejoindre le projet Educ’ Ecophyto 2017 (Eduquer, Diffuser, Communiquer) qui vise l’accompagnement d’établissements de l’enseignement agricole et de leurs projets vers la transition agro-écologique et à accentuer la diffusion des pratiques innovantes dans le milieu agricole…

Concilier compétitivité et environnement

« C’est une expérience qui permet de nous rassembler, de confronter les idées, d’échanger et d’avancer ensemble et de construire durablement l’assise de mon exploitation », commente Jean-Paul Dastugue, éleveur de Blondes d’Aquitaine à Sentous (Hautes-Pyrénées). « Les difficultés de l’élevage et le manque de disponibilité que cela engendrait pour les cultures ont été enrayées par le travail réalisé par le collectif. Les gains sont nombreux que ce soit dans l’organisation du travail, la diminution des charges de mécanisation et l’avancée technique (…) L’objectif est de diminuer les charges, de répondre aux exigences environnementales règlementaires et de réduire l’impact des produits phytosanitaires et des fertilisants sur la qualité des eaux du bassin versant du Léoup. »
Les établissements viticoles Gaec Ribes, à Fronton (Haute-Garonne)

Agir collectivement, partager leurs expériences et répondre aux défis d’aujourd’hui, Innov’Action vise à proposer des armes nouvelles aux agriculteurs. « Ces portes ouvertes favorisent les échanges, chacun peut ainsi repérer les évolutions les plus intéressantes et s’il le souhaite s’en inspirer. Cette année, il est beaucoup question de la couverture des sols, de la réduction des produits phyto-sanitaires, mais aussi de robotique et d’organisation… Le pari est de concilier des entreprises agricoles compétitives et des systèmes de production à faible impact sur l’environnement », précise encore Pierre Goulard.

Pour ceux qui auraient raté le rendez-vous du mois de juin, une nouvelle série de portes ouvertes Innov’Action est prévue en septembre et octobre. Tous les renseignements, ici :  http://www.innovaction-agriculture.fr/occitanie/
Philippe MOURET