Histoire/Théâtre : La Nuit des Camisards s’installe dans le Gard

Reconstitution historique sur des thèmes qui restent d'actualité... La Nuit des Camisards, présentée dans le Gard. Photo Agglo d'Alès

Le meurtre de l’abbé du Chayla, le 24 juillet 1702 au Pont-de-Montvert (Lozère), marque le début de la guerre des Camisards, dite à l’époque « guerre des Cévennes. » Lionnel Astier, Gardois d’origine, acteur (notamment le roi Léodagan dans la série Kaamelott), est ici l’auteur d’un spectacle qui retrace ces terribles moments : La Nuit des Camisards, présentée dans plusieurs communes du Gard jusqu’au 8 août…

Sur le site officiel du spectacle (http://www.lanuitdescamisards.fr/), Lionnel Astier (né à Alès, en 1953) explique ainsi sa démarche pour aborder l’écriture de ce spectacle : « Dans la plus simple et vraie vocation du théâtre, c’est-à-dire comme une histoire intensément humaine, sans parti pris religieux, où la conviction de chaque camp est exposée à égale importance dans un moment précis de notre Histoire… »

Leurs chemises en guise d’uniforme

Lionnel Astier parle de son travail devant le public de La Nuit des Camisards. Photo Agglo d’Alès

D’abord un rappel historique : Après la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV, en 1685, le culte protestant est interdit et les temples détruits. La persécution contraint beaucoup de fidèles à l’exil, ou à la révolte. C’est le cas dans les Cévennes, région montagneuse du Massif central, où les protestants rebelles se réunissent secrètement pour des cérémonies interdites. Face à une répression impitoyable, les prédicateurs protestants appellent à la rébellion, c’est la révolte des Camisards (de l’occitan camisa, « chemise »), ainsi nommés car ils ne portaient que leur chemise en guise d’uniforme.

Menés par Jean Cavalier, un apprenti boulanger, les Camisards remportent deux victoires sur l’armée royale, en 1702 et 1704, grâce à leur parfaite connaissance du terrain et au soutien de la population. La violence est extrême tant du côté camisard que de celui des troupes royales, qui vont jusqu’à brûler des villages entiers. Les camisards sont finalement défaits : certains sont exécutés, ou envoyés aux galères ; d’autres prennent le chemin de l’exil…

C’est le 23 juillet 1702 que commence le spectacle La Nuit des Camisards… Dès 2007, le metteur en scène Gilbert Rouvière (lui aussi natif d’Alès, cinq ans après Lionnel Astier) expliquait : « Dans cette période politique aux relents obscurantistes comme extrémistes, La Nuit des Camisards, parle, sans parti-pris, et avec humour, de ces périodes troubles où beaucoup s’isolent et se réfugient dans la peur de l’autre. » Ce spectacle « traite de cela, de la montée des intégrismes, de l’aveuglement des hommes dans un conflit, de la terreur, de la résistance à l’ignominie, de la liberté d’expression comme de la liberté de conscience, et de la place des femmes dans ces moments où les hommes choisissent de s’entretuer. » Plus qu’une simple reconstitution historique, La Nuit des Camisards est un spectacle de théâtre contemporain « qui s’adresse à tous, qui interroge, qui distrait, qui pose des questions, qui émeut… »

Prévoir petite laine, chaussures, lampe de poche…

Le public chemine, sur le chemin des Camisards, jusqu’au lieu du spectacle. Photo Agglo d’Alès

Créée par des passionnés, La Nuit des Camisards est un spectacle unique en son genre, une pièce en pleine nature, qui recrée les conditions des assemblées secrètes des protestants pourchassés. Les spectateurs cheminent à la tombée du jour vers une clairière reculée, déjà happés par un prêcheur ou un insoumis. Ici pas de gradins. On s’assied à même le sol, à deux pas de la scène, avec la lune comme seul éclairage. Peu d’artifices, mais la richesse du jeu, la plongée dans les lieux et les ambiances qui ont agité cette partie rude et courageuse de l’Occitanie, voici plus de trois cents ans.

Chaque soir, l’accueil sur le site se fait à partir de 18h30, et laisse au pubic le temps d’échanger avec des historiens et Lionnel Astier, au cours de conférences-débats, à chaque fois sur un thème différent, qui débutent aux alentours de 19h30. Ces rencontres peuvent se poursuivre après la représentation en présence de l’équipe du spectacle. Le spectacle lui-même débute vers 21h15, en fonction du coucher du soleil. Il est conseillé au public de se munir d’une petite laine, de chaussures confortables, d’une lampe de poche individuelle et de coussins (Spectacle déconseillé au moins de 12 ans).

Vous savez -presque- tout, il ne reste plus qu’à prendre le chemin des Camisards (enfin, ça c’est une autre histoire ! Celle d’un Chemin de grande randonnée, sur une boucke de 135km entre Gard et Lozère…).

Philippe MOURET

Pour acheter des places : par téléphone au 07 83 52 05 28, par carte bancaire sur le site www.lanuitdescamisards.fr ou par mail lanuitdescamisards@orange.fr ou enfin, sur place avant le spectacle, dans la limite des places disponibles. Un spectacle produit par le Zinc-Théâtre et Les amis de La Nuit des Camisards, avec le soutien d’Alès agglomération… Prochains rendez-vous à Saint-Florent-sur-Auzonnet (mardi 1er août), Mialet (jeudi 3), au Pont-du Gard (vendredi 4, samedi 5 et dimanche 6), Portes (lundi 7 août) et Salindres (mardi 8).