Emploi : l’Insee dresse le portrait d’une Occitanie contrastée

Une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) du mois de janvier 2017 dresse un portrait complet de l’Occitanie qui se résume en trois mots : Dynamisme, précarité, contrastes.

Avec 5 731 000 habitants, l’Occitanie est la 5ᵉ région de métropole, mais pourrait devancer les Hauts-deFrance et la Nouvelle-Aquitaine d’ici 2022, si le rythme de croissance démographique (le 2ᵉ de métropole après celui de la Corse), perdurait. Chaque année, la population augmente de 51 400 habitants, soit l’équivalent d’une ville comme Narbonne.

L’Occitanie est une terre de contrastes, avec quatre grands types d’espaces géographiques conditionnant le développement démographique et économique. Des départements très ruraux (3 parmi les 5 les plus ruraux de métropole à savoir la Lozère, le Gers et le Lot) côtoient des départements largement urbanisés, avec deux des plus grandes aires urbaines sur les 14 de métropole : Toulouse (4e, 390 301 habitants) et Montpellier (8e, 225 511).

La région présente la plus forte disparité avec Paca et compte aussi quatre départements parmi les 10 les plus âgés et deux parmi les plus jeunes. Elle présente de fortes disparités de niveaux de vie (3e rang de province pour l’écart entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres). À l’exception de l’Île-de-France, la région a la plus forte dispersion du taux de pauvreté entre ses départements.

Une région « victime » de son attractivité

L’Occitanie bénéficie d’une véritable dynamique économique, bien plus forte que celle de l’ensemble de la France métropolitaine. Entre 2008 et 2013, le PIB a progressé de 8,5 %. C’est le 3ᵉ taux de croissance le plus élevé de métropole. Le dynamisme de l’économie se mesure aussi par la création d’emplois dans la région : depuis 2008, le nombre d’emplois augmente de 0,7 % par an, contre 0,2%  en moyenne en métropole.

L’Occitanie est la région métropolitaine qui a créé le plus gros volume d’emplois entre 2007 et 2013 après l’Île-de-France. Toutefois, la croissance de l’emploi s’avère insuffisante face à la forte hausse du nombre d’actifs, soutenue par l’attractivité de la région et son dynamisme démographique. Entre 1990 et 2013, elle a connu un gain de 655 000 actifs, soit nettement plus que les 462 000 emplois créés sur la même période. En conséquence, le taux de chômage régional est le deuxième taux le plus élevé après la Corse.

La pauvreté et la précarité sont très présentes en Occitanie. Le taux de chômage de la région (11,6 %) est le deuxième plus élevé de métropole, derrière celui des Hauts-de-France (12 %). L’importance du chômage est à mettre en regard avec le niveau de pauvreté : 17 % de la population régionale vit avec moins de 60 % du revenu médian de métropole en 2013 (4ᵉ rang des régions métropolitaines les plus pauvres). L’Occitanie a le niveau de vie médian parmi les plus faibles de métropole (10e rang). La région occupe le trisième rang pour la part des allocataires dont les prestations sociales représentent plus de 75 % de leurs revenus (29 %).

Le rôle majeur de Toulouse dans le développement économique régional

Sur le plan du dynamisme, l’Occitanie est à la pointe en matière de recherche et développement (R&D) et d’innovation. En 2014, le taux d’effort de recherche de la région (3,7 % du PIB) est le plus élevé de France métropolitaine. La R&D du secteur privé est d’abord portée en Occitanie par la construction aéronautique et spatiale, mais le secteur public est également très développé. En termes de dépenses publiques, la région est la deuxième de métropole. L’Occitanie est la région de France qui compte le plus de pôles de compétitivité : 14 sur les 71 en métropole dont 7 implantés principalement dans la région. Forte de deux grands pôles d’enseignement supérieur d’envergure nationale, l’Occitanie est la deuxième région de province pour l’accueil des doctorants, après Auvergne-Rhône-Alpes. Toulouse, le chef-lieu de région, a un rôle majeur dans le développement économique régional. L’aire urbaine de Toulouse concentre 27% des emplois de la région et 45 % des emplois productifs (3e rang). Elle contribue également à l’importance de la R&D en Occitanie : avec 62 % des emplois de la conception-recherche de la région, l’aire urbaine de Toulouse occupe le 1er rang des chefs-lieux de région en province.