Dossier : Quand les premiers de la classe se rebiffent

Les super-diplômés mettent de plus en plus la main à la pâte. Photo = DR

Diplôme universitaire ou de grande école en poche, ils sont de plus en plus nombreux à choisir un métier manuel. Cette migration des élites n’est pas anecdotique. C’est un signe de l’évolution de la société. Un choix de carrière qui surprend encore en France, mais qui en dit long sur une nouvelle façon d’appréhender une carrière et de construire l’avenir…

Face à un monde du travail qui ne sait plus séduire, les têtes bien faites ne rêvent plus forcément d’attaché-case et de multinationales. Pour redonner un sens au travail et même à leur vie, ils sont de plus en plus nombreux à tourner le dos à l’univers désincarné de l’entreprise.

Selon le site FindEur, « 60% des 15-35 ans affirment vouloir être entrepreneurs, preuve que le monde du travail en France est en pleine mutation ». Pour Tarik Boutoustous, le créateur de cette plateforme qui met en relation entreprises et auto-entrepreneurs, « trois typologies se distinguent parmi les intéressés par l’auto-emploi : les millénials hyper connectés qui ne se reconnaissent plus dans le salariat classique, les personnes en reconversion professionnelle, avec une majorité de femmes, et enfin les séniors débarqués trop tôt des grands groupes. »

Et selon l’Apec (l’Association pour l’emploi des cadres) les réorientations précoces de jeunes diplômés constituent « un phénomène non négligeable », selon une enquête de 2015 qui précise que 14 % des jeunes diplômés de niveau bac+5 ou plus déclarent avoir vécu un changement significatif d’orientation professionnelle dans les deux années suivant l’obtention de leur diplôme.

Dis-Leur ! est allé à la rencontre de cette nouvelle génération entreprenante, connectée et en recherche de sens… Trois articles à lire dans notre dossier :

Après l’ENA, tu passeras un CAP, mon fils ! : Sur-diplômés, ils ouvrent un foodtruck, un bar à thèmes, se lancent dans la boulangerie, le petit commerce de proximité… Ou deviennent fleuriste, comme Marie, « une profession qui est dans la vraie vie » a-t-elle expliqué à Dis-Leur ! Lire :  http://dis-leur.fr/quand-les-premie…sse-se-rebiffent/

Journaliste à Slate.fr, Jean-Laurent Cassely vient de publier La Révolte des Premiers de la classe. Qu’ils soient banquier, marketeur, chercheur, informaticien, trader ou journaliste, le point commun de leur métier est de manipuler des abstractions, des alphabets de symboles. Une pratique trop éloignée de la réalité de l’économie et des contacts humains. La question centrale que pose l’auteur, c’est de savoir si ce phénomène est appelé à gagner en importance. Lire l’entretien :  http://dis-leur.fr/ces-diplomes-son…s-qui-font-rever/

Et aussi, l’aventure de deux historiennes qui se sont lancées dans la fabrication de biscuits à Montans dans le Tarn. C’était raconté dans Dis-Leur ! Lire : http://dis-leur.fr/avec-les-mirliflores-dans-les-cuisines-de-lhistoire/