« Ce sont aussi de vrais boulots »

Il veut tordre le cou aux préjugés. Oui, le social est au coeur de l’économie sociale et solidaire.

La vivacité de l’ESS s’explique peut-être en creux par la faiblesse des autres secteurs de l’économie dans une région, la deuxième plus pauvre de France, où le tissu industriel est tout aussi pauvre et où la plus grande part de l’économie repose sur quelques piliers : les services, son vignoble, le tourisme, l’agriculture.

« L’ESS, ce sont bien sûr des petits boulots mais pas uniquement ! On y trouve de vrais métiers. Et puis, c’est souvent de l’accompagnement humain : ce sont des métiers très sympas pour de gens qui ont des formations modestes. C’est mieux et plus gratifiant que le travail à la chaîne, proclame Jacques Malet. Le président de l’association nationale Recherches et solidarités, un réseau d’experts au service de toutes les formes de solidarité à l’origine de nombreuses études ajoute : « Dans l’ex-Languedoc-Roussillon, plusieurs raisons, au delà de la quête de sens, explique que l’ESS, est en vogue et en progression. D’abord, la moyenne d’âge de la population y est dans certains départements, plus élevée qu’ailleurs. Du coup, on voit émerger davantage de maisons de retraite, souvent gérées sous forme associative ».

Jacques Malet pointe également un autre paramètre : « Ces associations de l’économie sociale et solidaire sont très sensibles à l’expérience de leurs salariés et à la façon d’être. Du coup, elles ont deux fois plus de cinquantenaires (10%) que dans le privé. » Une catégorie de salariés qui, d’habitude, est, avec les jeunes, la plus en difficulté pour (re)trouver un travail.
Autre explication, « un nombre non négligeable de personnes décident après une vie professionnelle bien remplie où elles ont gagné un bon salaire, de redonner un sens justement à leur travail. » C’est justement au-delà de l’âge de 50 ans que ce déclic se produit. Enfin, « dans une région où la moyenne d’âge est l’une des plus élevée de France, beaucoup d’associations apportent également des services, de la culture, des loisirs et petit à petit cela crée de l’emploi. »

Jacques Malet précise que la performance est d’autant plus remarquable que le secteur du social avait subi « une vraie déconfiture à cause de la crise de 2008 et de réductions d’impôts qui avaient été momentanément supprimées. »

OLIVIER SCHLAMA