L’Occitanie en bref : Train Cévenol en « panne », Lozère en colère

Pétition à Montauban (Tarn-et-Garonne); le train Cévenol en panne en Lozère économie sociale et solidaire en Aveyron; lutte contre le travail illégal avec l’Urssaf; la fac de Toulouse au classement de Shangaï; mauvais diagnostic pour la santé au travail dans la région; une oeuvre du Greco, star unique au musée Sète (Hérault)…

Trains en Lozère : le mécontentement du département

En pleine saison touristique, la Lozère se sent encore une fois isolée. »De nouvelles dispositions décidées par la SNCF, sans concertation préalable, ne permettent plus d’effectuer qu’un seul aller-retour Paris – Nîmes par la Ligne des Cévennes, pourtant la plus directe« , dénonce la présidente du département de la Lozère dans un communiqué. Dans un courrier adressé au PDG de la SNCF, la présidente du conseil départemental, Sophie Pantel, et le vice-président en charge des infrastructures, Henri Boyer, « exigent donc le rétablissement des correspondances supprimées dans les meilleurs délais et réitèrent leur demande pour que toutes les relations ferroviaires existantes sur la ligne des Cévennes soient accessibles sur internet de façon systématique. » Depuis début juillet 2017, deux des quatre correspondances qui existaient, ont été rompues à Clermont-Ferrand, pour cause de travaux au nord de l’Auvergne et en Île-de-France. Or, il n’y a que trois possibilités d’aIlers-retours quotidiens directs entre Clermont-Ferrand et Nîmes dont deux seulement permettaient, jusqu’à fin juin 2017, de joindre Paris grâce à quatre correspondances (deux dans chaque sens) en gare de Clermont-Ferrand. Et d’ajouter : « Même si l’on comprend bien la nécessité pour les trains vers Paris d’étre avancés au départ de Clermont-Ferrand et pour ceux en provenance de Paris d’être retardés à leur l’arrivée dans cette gare, il est inconcevable de constater que les horaires des correspondances avec la ligne des Cévennes, déjà très peu nombreux, n’aient pas été ajustés en conséquence. »

Ainsi, l’lntercités 15952 plus connu sous le nom de Cévenol, particulièrement fréquenté l’été, en provenance de Nîmes ne permet plus de rejoindre Paris du lundi au vendredi jusqu’au 27 août (arrivée 19h16 à Clermont-Ferrand pour un départ du dernier lntercités 5990 vers Paris à 19h01). Et le TER 873995 de soirée à destination de Nîmes ne permet plus d’emprunter jusqu’a nouvel ordre l’lntercités 5959 (13h00 au départ de Paris-Bercy) qui arrive à Clermont-Ferrand à 16h40, pour un départ du TER à la méme heure (16h40). « Pour l’ensemble des élus regroupés dans l’Association pour la Défense du Cévenol et de la ligne Paris – Nîmes, comme pour les usagers et les cheminots concernés, est-il précisé dans le communiqué, la relation ferroviaire de Paris à Nîmes (et Marseille) via Clermont-Ferrand doit constituer un tout cohérent et pertinent dans le cadre d’une ligne d’aménagement du territoire et de désenclavement de l’Est du Massif Central. »
« De quoi détériorer davantage l’image de la ligne et surtout provoque un peu plus la désaffection des usagers du train. »

LGV : une pétition à Montauban

Où l’on reparle de la LGV (Ligne à grande vitesse) entre Bordeaux et Toulouse… qui est, affirme la maire Montauban, Brigitte Barèges, « une urgente nécessité. » Dans un communiqué elle souligne que « l’agglomération du Grand Montauban qui s’est inscrite dans ce débat public depuis 2005 a pris en ce qui la concerne toutes les décisions qui relevaient de sa compétence en participant à la finalisation du tracé, à l’emplacement de la gare, réservant une ZAD (zone d’aménagement différé) à Bressols de 300 hectares pour maîtriser la spéculation foncière et construire le boulevard urbain ouest pour desservir la gare. »

Dans un territoire qui connaît l’une des plus fortes croissances démographiques du pays, cette gare qui pourrait devenir  la gare régionale de tout l’Ouest de l’Occitanie, accessible depuis l’ensemble des départements voisins y compris la Haute-Garonne (et mettrait Montauban à 2h40 de Paris) pourrait « potentiellement accueillir plus d’un million et demi de voyageurs par an d’après les estimations de la SNCF. C’est la raison pour laquelle nous avions engagé une pétition (comme l’a aussi fit Toulouse, NDLR) qui au niveau de la seule ville de Montauban a recueilli 1200 signatures en 3 mois. » Pétition ici http://www.montauban.com/Je_clique_pour_le_TGV__-453.html

Rapprochement et compétitivité en Aveyron

Spécialisée dans la construction d’infrastructures de télécommunications, dans l’installation et la maintenance d’équipements téléphoniques et informatiques, le Groupe Scopelec (dont le siège se trouve à Revel, en Haute-Garonne) poursuit sa stratégie d’alliances opérationnelles en procédant à l’acquisition de Socatel. Basée à Onêt-le-Château en Aveyron, Socatel emploie 65 personnes et a réalisé 4,7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016.

Cette opération de croissance externe permet au Groupe Scopelec de confirmer sa place de leader auprès des grands acteurs des télécoms en France. Le nouvel ensemble représente près de 3200 salariés pour un chiffre d’affaires de près de 400 millions d’euros en 2017, ce qui en fait un des leaders en France dans son domaine.

Hyperloop TT choisit le site de Francazal

Un  bon signe pour l’attractivité de la Métropole toulousaine, puisque la société américaine Hyperloop TT (HTT) l’a choisie pour installer ses activités de Recherche et Développement. Un protocole d’entente a été signé entre l’Etat, la Région Occitanie, Toulouse Métropole et cette société. Il porte la volonté conjointe d’accueillir HTT sur le site de l’aéroport de Francazal, afin d’y implanter un démonstrateur technologique, une piste d’essais et un laboratoire de recherche. L’opération pourrait déboucher à terme sur la création d’une trentaine d’emploi.

La réalisation du projet nécessite la mise en place d’un cadre juridique stable à même de garantir les investissements prévus (40 millions d’euros). Dans l’attente de la finalisation du dossier technique de l’installation, le Conseil de Métropole vient de voter le principe d’une promesse de bail à construction, d’une durée de 40 ans, qui sera signé entre l’État, Toulouse Métropole et HTT. Le foncier comprendra un bâtiment (ancien mess des sous-officiers) et des terrains (parking et portion de l’ancienne voie royale). En contrepartie, la société HTT s’engage à rénover le mess des sous-officiers pour en faire des bureaux et à réaliser deux pistes d’essais (une au sol, l’autre sur pylônes).

L’Urssaf en guerre contre le travail illégal

Avec 16,3 millions d’euros de redressements au titre du travail dissimulé en 2016 dans les départements de l’ancienne région Midi-Pyrénées, l’Urssaf a enregistre une progression de 50 % de ses résultats par rapport à 2015. Ce bond dans le secteur des fraudes s’observe aussi en Occitanie (+25%) et au plan national (20%). Chargés de lutter contre le travail illégal, les 13 agents de l’Urssaf Midi-Pyrénées ont mené 194 actions ciblées en 2016 (160 en 2015). En dépassant son objectif de plus de 6 millions d’euros, l’organisme se classe en cinquième position des 22 Urssaf régionalisés. 86,7 % des actions engagées par les inspecteurs ont mené à un redressement.

En ligne de mire l’année dernière, le transport de marchandise, dont 80 % des contrôles ont été conduits en concertation avec la gendarmerie et la Dreal (Direction Régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement). Ils ont permis de révéler 7 millions d’euros d’évasion sociale (soit 43 % du total des redressements), à travers de la fausse sous-traitance et de la fraude aux détachements de chauffeurs salariés étrangers. En 2017, 109 nouvelles actions sont au programme. De son côté, l’Urssaf Languedoc-Roussillon a contrôlé près de 9 400 entreprises, notifiant 7,37 millions d’euros de redressements en matière de lutte contre le travail illégal.

Toulouse 1 Capitole au Top 50 des universités

L’université de Toulouse 1 Capitole vient d’intégrer le top 50 du classement 2017 de Shanghaï dans la catégorie « social science-economic ». Sa composante, Toulouse School of Economics (TSE), se classe en 17e position. Une performance d’autant plus remarquable que la France reste en retrait dans le domaine des Sciences sociales, alors qu’elle occupe une place dominante (juste derrière les Etats-Unis) pour les Mathématiques.

L’évolution régulière de Toulouse 1 dans ce prestigieux (bien que controversé) a été soulignée par le maire de Toulouse, jean-Luc Moudenc, dans un courrier de félicitation adressé à la président de Toulouse 1-Capitole, Corinne Mascale. « Je salue également Jean Tirole, Prix Nobel d’Economie en 2014, qui, avec ses équipes, a choisi Toulouse, et dont les étudiants bénéficient aujourd’hui de la formidable qualité de l’enseignement prodigué au sein de TSE » souligne Jean-Luc Moudenc.

La santé, objectif prioritaire pour l’Occitanie

Le diagnostic santé et sécurité au travail en Occitanie est inquiétant. Selon les derniers chiffres, plus de 54 300 accidents du travail avec arrêt se sont produits dans la région, près de 3 000 d’entre eux ont occasionné une invalidité permanente et 60 ont été mortels. Et le nombre de maladies professionnelles (2441) est reparti à la hausse en 2014, avec +5,4 % en Occitanie.

Face à ces chiffres, l’ensemble des acteurs de la région se mobilise pour répondre aux enjeux de santé et qualité de vie au travail des 2,2 millions de salariés d’Occitanie. Ce qui constitue par ailleurs un gage de performance de les entreprises. « Ce premier Plan Régional Santé Travail Occitanie doit être à la hauteur de nos ambitions collectives : partenaires sociaux, acteurs institutionnels, entreprises, salariés et professionnels de la prévention », souligne Christophe Lerouge, directeur régional de la Direccte Occitanie.

« Le meilleur expert du travail c’est le salarié lui-même. C’est pourquoi nous aurons à cœur de nous appuyer sur le travail réel dans les entreprises afin de comprendre au mieux comment améliorer les conditions de réalisation de notre travail. Le travail devrait être un facteur d’émancipation. La santé des salariés, des ouvriers, n’est pas une variable d’ajustement possible, prenons nos affaires en main, soyons fiers de notre travail », insiste Clothilde Ollier, de la CGT.

Pascal Mailhos, préfet de la région Occitanie, représenté par Christophe Lerouge et Yves Struillou, directeur général du travail ont lancé le 27 juin ce nouveau plan régional santé au travail, lors d’un colloque de 500 personnes au Centre de Congrès Pierre Baudis, à Toulouse.

Musée Paul-Valéry, le pari d’une expo autour d’une seule oeuvre : L’Immaculée conception du Greco

L’Immaculée Conception de la chapelle Oballe du Musée de Santa Cruz de Tolède est visible jusqu’au 1er octobre 2017 au Musée Paul Valéry de Sète, qui accueille cette oeuvre majeure du Greco (1541-1614) et consacre, dans un concept nouveau, son exposition d’été à une seule œuvre du Maître. Grâce au prêt exceptionnel du Musée de Santa Cruz de Tolède, où elle est conservée depuis 1961, l’Immaculée conception de la chapelle Oballe, chef-d’œuvre de la dernière période tolédane du Greco (1541-1614), est exposée pour la première fois en France.

Le temps de regarder une œuvre autrement : L’œuvre du Greco appelle à la contemplation et à la méditation, autant par la virtuosité du peintre qui se révèle dans la beauté des figures et des détails les plus menus que par la grandeur de la composition. Les visiteurs peuvent profiter d’une visibilité optimale, soit confortablement assis dans de nombreux fauteuils et canapés permettant de prolonger à souhait la contemplation, soit en se déplaçant face à l’œuvre pour mieux en percevoir la dynamique. Comme l’explique le musée sur son site, ce chef d’œuvre, testament artistique du Greco, est significative de l’art de la Contre-Réforme, qui installe au premier plan le caractère mystique du sujet, l’Immaculée Conception(1608-1613) a été réalisée pour le maître-autel de la chapelle Oballe de l’église de San Vicente, à Tolède.

Selon une étude réalisée par le cabinet international Wavestone sur les métros automatiques de 40 villes dans le monde, Toulouse, avec la ligne A, est citée à plusieurs reprises dans le Top 10 : en 4e position (en compétition avec Lille Londres et Taïpeï) pour la performance générale de la ligne et 2e pour la performance de ses infrastructures et de son matériel roulant. Cette étude révèle « l’excellente fiabilité » des lignes de métros automatiques françaises en général. « La France est aujourd’hui en première place du marché du métro automatique dans le monde », conclut Wavestone, qui met toutefois en garde les Français face à la montée de la concurrence mondiale.

« En 2025, entre 240 000 à 285 000 voyageurs sont attendus sur la ligne A. C’est pourquoi des travaux seront lancés cet été pour doubler la capacité de cette ligne pour plus de confort, plus de fluidité et plus d’attractivité » a notamment déclaré Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse et Président de Toulouse Métropole.

De nouveaux gypaètes barbus dans les Grands Causses

Trois jeunes gypaètes barbus – une espèce de vautour- ont été lâchés cet été dans le parc naturel régional des Grands Causses, en Aveyron, dans les Gorges du Trévezel. Ce projet de réintroduction du Gypaète est mené depuis 2012 par la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux), le parc naturel régional des Grands Causses et le Parc national des Cévennes et fait dorénavant l’objet d’un financement européen LIFE. Il couvre un plus large territoire, des pré-Alpes aux contreforts pyrénéens, avec pour objectif de renforcer la population française et européenne de ce rapace. Le lâcher de jeunes oiseaux dans le Massif central et les Préalpes doit permettre de créer des noyaux de population favorisant les échanges entre Alpes et Pyrénées.

Basalte, un gypaète lâché en 2012 dans les gorges de la Jonte. Photo : Régis Dessales. PnC.

Pour le Massif central, les lâchers s’effectuent sur le site lozérien de Meyrueis ou sur le site aveyronnais de Nant. Depuis 2012, onze oiseaux ont ainsi été accueillis dans les Grands Causses. Les trois jeunes oiseaux lâchés cette année ont été déposés sur un site adapté, à flanc de falaise et devraient prendre leur envol dans quelques semaines.

Pour suivre l’opération de réintroduction du gypaète barbu dans les Grands Causses: http://rapaces.lpo.fr/gypaete- grands-causses

 Paris-Cerbère, le retour de la ligne de nuit

La présidente de région, Carole Delga, a annoncé à L’Indépendant, le retour de la ligne de nuit entre Paris et Cerbère. A partir de juillet prochain, le train de nuit circulera de nouveau les week-ends et lors des vacances scolaires. « La région et l’Etat ont trouvé un accord, chacun participera à hauteur de 1,4 million d’euros par an ». L’Etat s’est engagé pour deux ans.« J’appelle maintenant les usagers à emprunter massivement cette ligne pour prouver son utilité et assurer son maintien », lance  la présidente de Région.