Yvette Gallinaro : une certaine idée de l’Art

Et si l’Art était la meilleure façon de créer du lien entre les gens ? L’idée n’est pas neuve, mais elle n’est pas forcément évidente pour tous. C’est le principe simple, mais malin, que développe Yvette Gallinaro, tant au profit des artistes que de ceux qui leur ouvrent leurs portes…

Yvette Gallinaro

Ancienne directrice d’école, Yvette Gallinaro a toujours cultivé son goût pour l’Art et les artistes. Au fil du temps, analysant cet univers qu’elle découvrait, ses observations ont fait naître une réflexion… Comment sortir l’Art de ses sentiers battus, des galeries, des musées, pour le lancer à la rencontre de la société. Du public, mais aussi du monde de l’entreprise ?

« Cet univers du monde économique est mal connu, souligne Yvette Gallinaro. Les entreprises sont des lieux qui brassent beaucoup de gens, issus de milieux très différents, ce sont des lieux de rencontre, mais qui sont généralement dénués de toute personnalité.. Réussir à y faire entrer des oeuvres d’art, c’est une façon d’ouvrir l’accès à l’Art à un public qui ne fréquente pas forcément les galeries et c’est aussi proposer aux entreprises de soutenir la création », ce qui n’est pas dénué, notamment, de certains avantages fiscaux.

C’est ainsi qu’à l’issue de trois années de réflexion est née ID Of Arts, un fonds de dotation qui intervient comme une solution pour faciliter cette rencontre. Yvette Gallinaro commence avec « une écurie de connaissances », mais assez rapidement, « le réseau s’est développé et s’est élargi à de très divers modes d’expression artistique ». Peinture, sculpture, mais aussi photo, gravure et même… musique !

Circulez ! Y’a quelque chose à voir !

« Mon but, c’est de contribuer à faire naître une nouvelle forme de dialogue entre l’Art et l’économie, insiste Yvette Gallinaro. C’est une forme différente de mécénat, qui ne consiste pas seulement à verser de l’argent. C’est un lien qui a du sens>. L’artiste apporte ses oeuvres, dans le cadre d’un projet auquel l’entrprise peut adhérer et dans lequel elle choisit de s’impliquer… »

Amanda Favier, violoniste

Les premiers pas de son « écurie », Yvette Gallinaro les a organisés dans des cabinets de médecins, d’avocats, de notaires… Ainsi, l’office de notariat de Baillargues, dans l’Hérault, a accueilli une expérience originale : la jeune soliste Amanda Favier (*) est venue avec son violon pour un moment privilégié avec les employés et le public de passage…

« C’est réellement un travail d’éducation à faire, autant auprès des artistes que des possibles mécènes », poursuit la créatrice d’ID Of Arts. « Je leur demande, qu’est-ce qu’on peut construire ensemble ? Je les invite à prendre par à une dynamique, parce que l’Art est nécessaire à l’humain. Accueillir de l’Art, des artistes, c’est aussi une façon de recréer un sens dans des lieux qui peuvent sembler en être totalement dénués. Généralement on ne fait qu’y circuler, là on a envie de s’attarder, de regarder… »

Le plus difficile ? C’est souvent de convaincre dans sa propre région. « J’ai pris des contacts à Roanne (dans la Loire, NDLR), en 48h, j’ai pu rencontrer tous les acteurs culturels de la ville. Dans ma propre région, c’est souvent beaucoup plus compliqué, même s’il y a des exceptions, comme à Baillargues, par exemple, dont le maire est un soutien important de ma démarche… »

Faire circuler l’Art, créer des passerelles, atteindre un nouveau public, autant de missions que s’est fixées Yvette Gallinaro. pour en savoir plus http://www.id-of-arts.com/home.html

Philippe MOURET

(*) Amanda Favier fait partie de la jeune génération des solistes français. Talent précoce, on la remarque à neuf ans dans son premier concerto en soliste, à onze ans, salle Gaveau et à treize, sur les bancs du CNSM de Paris dans la classe de Gérard Poulet. Après un Premier Prix de violon et un diplôme de Formation Supérieure mention Très Bien, elle suit un cycle de perfectionnement parisien avant de parcourir l’Europe au contact d’Igor Ozim et d’Ifrah Neaman.
Rapidement, elle glane un quinzaine de prix internationaux et se produit dans des salles prestigieuses, Elle enregistre actuellement l’intégrale des sonates de Beethoven en trois disques (NoMadMusic) avec Célimène Daudet, dont le premier volume est sorti le 10 mai 2016 et a été récompensé par « Le Choix de France Musique ».