Automobile : Radars embarqués en Occitanie… Attention vous êtes suivis !

radar embarqué © Wikimedia Commons

La privatisation des radars embarqués fera-t-elle bientôt son arrivée en Occitanie ? C’est en tout cas ce qui inquiète bon nombre d’automobilistes, choqués par cette délégation d’autorité.

Qui aujourd’hui n’en a pas entendu parler ? La privatisation des radars mobiles souhaitée en France par le Gouvernement ne laisse que peu de place au doute sur la volonté de l’Etat de renflouer au plus vite les caisses. En confiant ces voitures équipées de radars cachés dans les plaques d’immatriculation de véhicules banalisés à des entreprises, l’Etat a réussi à se mettre à dos l’écrasante majorité de la population.

Car ce débat dépasse largement celui du simple « pour ou contre les radars » ! Il s’agit de savoir si chacun d’entre nous est prêt à accepter qu’à partir de septembre 2017, en Occitanie, le système de privatisation expérimenté en Normandie depuis quelques jours soit étendu. Il semblerait, si j’en crois les plus de 500 000 participants à la manifestation numérique lancée par l’association « 40 millions d’automobilistes » rassemblés en moins de dix jours, que le refus soit unanime (voir les détails de la manifestation numérique sur 40millionsdautobilistes.com).

radars embarqués
Le véhicule lit les panneaux tout seul et le chauffeur privé ne peut savoir si le flash s’est déclenché. Son seul travail consiste à suivre l’itinéraire pré-programmé pour chaque mission.

Sur notre territoire, particulièrement marqué par les changements incessants de limitation de vitesse, la mise en place de ce système pourrait conduire à des fréquences d’amende assez importantes, sans réel impact sur l’accidentalité de nos routes. Car soyons clairs, si la voiture-radar sera bien reliée au Centre de traitement des amendes, elle n’aura aucune capacité à immobiliser un véhicule et son conducteur, même le plus dangereux. On pourra donc constater sans rien changer. Pire encore, cette voiture n’a aucun sigle de gendarmerie. Elle n’a même pas la vertu de provoquer le changement de comportement sur les routes que nous observons tous lorsque nous croisons les forces de l’ordre !

Et lorsque l’on avance de l’autre côté les marges de ces radars, n’oubliez pas qu’il ne s’agit pas de marge de tolérance, mais bien d’une marge de pondération, afin de couvrir les erreurs potentielles de l’appareil dues au calibrage de l’outil et à la configuration de la route.

Alors que faire ? A part se demander en notre âme et conscience si nous acceptons que ces « machines à cash » soient mises entre les mains des sociétés privées ? L’association 40 millions d’automobilistes juge qu’avec cette nouveauté, l’Occitanie deviendrait « le théâtre d’une comédie dramatique crépitant sous les flashs des radars mobiles, confiées à des sociétés à but lucratif (seule la conduite est privatisée, précise le ministère de l’Intérieur (…) Les véhicules resteront propriété publique et les données seront directement transmises à un officier de police judiciaire, ndlr) et invite les automobilistes à rejoindre sa manifestation numérique…

Selon les dernières données, sur une année complète, disponibles des services de l’Etat, la région Occitanie a enregistré, pour l’année 2015, une baisse des accidents et des blessés par rapport à l’année 2014, mais avec une hausse des tués (+4.8%), NDLR.

PIERRE CHASSERAY
Délégué général de 40 Millions d’automobilistes