Aéroports régionaux : à dix, l’union fait la force

Carole Delga, présidente de l'Occitanie, répond aux questions, dans le hall rénové de l'aéroport de Perpignan. photo Ph.-M.

C’est après une visite du hall totalement rénové de l’aérogare de Perpignan qu’a été présentée aux acteurs du secteur l’étude des retombées économiques du transport aérien en région Occitanie. Dix aéroports aux dimensions et vocations très différentes, pour 11,7 millions de passagers annuels et 2,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2016…

« Il ne faut pas oublier que l’Occitanie c’est une superficie supérieure à celle d’une douzaine de pays de l’Union européenne », précise sa présidente, Carole Delga, lorsqu’on lui demande si une dizaine d’aéroports constitue un chiffre « raisonnable »… Ce serait même « un atout (…) La Région défend une dynamique globale des transports, nous l’avons fait pour le rail et nous développons la même stratégie pour l’aéroportuaire. C’est une question de dynamique des territoires, il faut répondre aux besoins des entreprises, aux besoins touristiques et dans certains cas, comme à Rodez, désenclaver les populations… »

L’activité fait vivre 47 000 personnes en Occitanie

Une vaste enquête économique a été menée en 2016 par la société BVA qui a recueilli plus de 19 000 questionnaires validés. Les principales informations de cette enquête révèlent que le maillage très éclectique de la région (qui se classe 3e en France) permet d’accueillir 11,7 millions de passagers, pour un chiffre d’affaires de 2,7 milliards. Le poids de l’économie aéroportuaire représente 1% du PIB régional et génère près de 19 000 emplois, permettant de faire vivre près de 47 000 personnes en Occitanie.

L’aéroport de Toulouse-Blagnac représente aujourd’hui 70 % du trafic en Occitanie (contre 54% au début des années 90). Mais derrière le sixième aéroport français, Montpellier est également en progression avec 1,7 million de voyageurs, loin devant Carcassonne, Perpignan et Tarbes (400 000, chacun). Ces visiteurs dépensent 1,57 milliard d’euros dont 1,3 milliard en Occitanie, essentiellement dans les deux departements des métropoles régionales, la Haute-Garonne (426 millions) et l’Hérault (270 millions).

La Cité de Carcassonne, destination plébiscitée

La dépense moyenne, dans la région, par les visiteurs qui transitent par les aéroports d’Occitanie s’élève à 451 euros, jusqu’à 602 € à Perpignan, 601 e à Béziers, 578 € à Montpellier, ou 396 € à Toulouse. Mais pour ces voyageurs qui viennent majoritairement du Royaume-Uni (plus de 1,5 million après la France, bien sur : 6,2 millions) devant la Belgique et l’Allemagne la destination number one reste la Cité de Carcassonne, plébiscitée par 7,2 % d’entre eux, devant le Capitole de Toulouse (4,4%), le centre-ville toulousain (2,5%) la basilique de Lourdes (2,4%) et le Canal du Midi (1,8%), à égalité avec le centre-ville de Montpellier.

L’exemple de Lourdes ou de la cathédrale d’Albli, soulignent la nécessité de préserver les aéroports de Tarbes et de Castres, qui au-delà du désenclavement essentiel pour leur territoire (comme pour Rodez). En septembre, chacun des dix aéroports recevra les chiffres affinés de cette enquête. Puis, une instance commune sera mise en place par la Région, destinée à « optimiser la complémentarité et la compétitivité » au moment où il va falloir défendre l’existence de ces équipements de proximité devant la Commission européenne.

Inauguration du « banc de la liberté » dédié à Saint-Exupéry, devant la nouvelle aérogare de Perpignan. Photo Ph.-M.

En ouverture de cette présentation, Carole Delga avait inauguré un « banc de la liberté » dédié à Saint-Exupéry et une plaque en hommage aux pionniers des lignes aériennes Latécoère (le premier à ouvrir la ligne Dakar-Toulouse)  et de l’Aéropostale, dans le hall entièrement rénové de l’aéroport de Perpignan. « La région a investi 20 M€ pour les aéroports et un nouveau plan sera lancé en 2018 pour les cinq années à venir », a souligné Carole Delga, « ici à Perpignan, il s’agissait d’apporter des réponses sur le plan de l’accueil et de la sécurité, afin de répondre aux besoins des entreprises et du tourisme » a-t-elle insisté…

Philippe MOURET